Philosophie et spiritualité


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Dissertation : Suffit-il d’apprendre à bien parler pour bien penser ?


Analyse du sujet :

« suffit-il »

Veut dire : la condition en question est-elle suffisante ou faut-il réunir plusieurs conditions pour réaliser telle out telle chose ? Si on pense qu’une condition A enveloppe le résultat B, réaliser A permettre automatiquement de réaliser B. Si B dépend d’autres conditions telle A’, A ’’, A’’’, réaliser A ne suffira pas à manifester B. Pour se mouiller, il suffit d’avancer un pied dans l’eau, mais pour nager, il ne suffit pas de se mouiller ! A cette condition il faut en ajouter d’autres : savoir nager, que l’eau soit assez profonde etc.

« Apprendre à »

Veut dire ici acquérir un pratique on peut « apprendre à » lire une partition, jouer du piano, monter un ordinateur, à pratiquer la gymnastique au sol etc. Il faut encore être capable de le faire « bien », ce qui suppose que l’on s’y investisse vraiment et qu’on remplisse certaines conditions pour y parvenir dont la patience et l’exercice font partie.

« bien parler »

C’est donc ici la condition avancée pour atteindre le but qu’est « bien penser ». Celui qui sait « bien parler » c’est celui qui sait « bien s’exprimer » dans la parole c’est aussi le « beau parleur ». Le « beau parleur » est habile et il sait subjuguer et tenir en haleine ceux qui l’écoute, il sait aussi souvent jouer la comédie et éblouir par ses numéros d’acteur. Le beau parleur possède une bonne maîtrise de la rhétorique, c’est une orateur conscient de son pouvoir et même du charme qu’il peut exercer par la parole. Bien parler veut donc dire plusieurs choses : c’est bien s’exprimer, savoir persuader habilement, savoir convaincre, savoir séduire par des beaux discours, et par là savoir diriger autrui dans le management. Savoir bien parler donne en général un pouvoir sur autrui ou donne le pouvoir.

« bien penser »

Il ne s’agit pas de prendre cette formule au sens moral et d’y voir le bien-pensant, ou penser dans le sens du bien. « Bien penser », se prend surtout dans un sens logique et philosophique, c’est penser de manière correcte, de manière sûre, sans faute grossière de jugement ou de raisonnement. Le mot pensée s’entend ici bien sûr des concepts et non du seul phénomène psychologique que constitue la pensée. Il doit y avoir un art de conduire correctement sa pensée dans la connaissance afin d’éviter l’erreur et de progresser dans le savoir, afin de sortir de la confusion de la pensée ordinaire aux prises avec l’opinion et de pouvoir gagner une certaine autonomie de pensée ou de jugement : donc apprendre à penser par soi-même. La formule « bien penser » implique : bien juger, bien raisonner, savoir exprimer correctement les idées, avoir conscience du caractère douteux ou évident d’une proposition en fonction des raisons qui la supportent. Quand on ne sait pas « bien penser », on est livré au conditionnement ambiant, on est jeté dans l’ignorance et la confusion, on est dupe de soi-même et dupe de ses propres illusions. Plus généralement, ne pas « bien savoir penser », c’est fondamentalement se rendre soi-même incapable de culture. Un homme cultivé est d’abord un homme qui sait penser par lui-même, qui possède une autonomie de pensée, inversement l’homme inculte n’est pas inculte par ce qu’ »il en sait moins ». Avec le bombardement médiatique que nous subissons tous les jours cela n’a guère de sens. L’inculture repose sur une pensée qui n’est pas maîtresse d’elle-même, sur un jugement qui n’est pas mûri, autonome, ce qui fait que l’information en général n’est pas maîtrisée.

Problématique: suite


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