Philosophie et spiritualité


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Dissertation : Peut-on tout acheter ?


Analyse du sujet :

"peut-on"

Deux points de vue : 1) de fait, c'est-à-dire est-il possible de tout acheter ? Cette question évidemment un milliardaire de la drogue peut se la poser tout autant que le chômeur qui rêve de ce qu'il ferait s'il avait de l'argent. 2) en droit, c'est-à-dire est-il concevable de se permettre de considérer que tout peut s'acheter, de tout réduire à une valeur marchande monnayable, sans se poser un seul instant la question de savoir si on a le droit de tout réduire à de la marchandise ?

"tout"

Catégorie désignant un ensemble qui est laissé complètement indéterminé. Dans ce tout on peut considérer différents objets de transaction susceptibles d'être acheté et vendu. Cela recoupe par exemple 1) les choses (une armoire, des salades, un grille-pain), 2) les services (la garde d'enfant, l'éducation scolaire, la protection civile, les réparation et l'entretien), 3) les oeuvres (une sculpture, un tableau, un roman, une symphonie). Mais on peut aussi poser la question de savoir si on peut y inclure 4) les personnes (l'esclavage, la prostitution, la vente d'organe), 5) le salut moral (cf le trafic des indulgences au moyen-âge, l'argent dépensé par l'ancien nazi en vue de son intégration sociale pour que l'on ferme les yeux sur son passé), 6) les croyances (cf les pratiques des missionnaires chrétien en Inde dans la misère locale : "tu deviens chrétien et tu aura ton bol de riz, si tu ne te convertis pas je ne donne rien..." 7) les idées (une découverte scientifique pour son exploitation commerciale, des slogans publicitaires, ce qui relève de la propriété intellectuelle d'un auteur), 8) les sentiments (le mariage de raison, ou celui de la riche célébrité en mal de compagnie avec une jeune starlette qui pourrait être sa petite fille).

"acheter"

l'acte fondamental de l'échange, mais sous une forme particulière qui passe par la médiation de l'argent. Le terme conceptuel correspondant est acheter/vendre, les deux étant inséparable, car là où quelqu'un achète, il y en a un autre pour vendre, les protagonistes mis en rapport par la relation. Si l'échange est fait sur une base immorale ou prohibée, les deux personnes sont fautives. Celui qui achète des cassettes vidéo volées en connaissance de cause est coupable comme celui qui les vends après les avoir dérobées au supermarché. La relation transporte la valeur de ce qui est échangé. Ce qui est spécifique dans l'acte d'acheter avec l'apparition de la monnaie, c'est la prétention d'évaluer tout et n'importe quoi en terme d'argent. A ce compte, une heure de travail de l'OS, vaut un paquet de cigares, un café dans un endroit chic, un roman che etc. L'argent donne à l'échange un caractère totalement abstrait, qui dissimule le caractère concret de ce qui est échangé, caractère qui est par contre très présent dans le troc.

 

Problématique :  suite

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