Philosophie et spiritualité


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Dissertation : Que reproche-t-on à celui que l’on traite d’inconscient?


Analyse du sujet:

« reproche»

Un reproche est une critique à portée morale mettant en cause un acte, une attitude, une parole etc. que l’on estime qu’il ne devrait pas avoir. La louange ou ’éloge en ce sens peuvent être compris au contraire comme une manière de féliciter celui qui a fait son devoir. Tout reproche s’appuie sur une devoir-être différent de l’être. On peut reprocher, après l’accident, au chauffeur du car de ne pas avoir vérifier ses phares avant de partir. Cela faisait partie de ses responsabilités. On peut reprocher à Pierre ou Paul de s’être mis en colère ou de s’être répandu en larmes, si on estime que cette attitude était vraiment déplacée (devant ses enfants, ses élèves, un jury etc.) Le devoir-être suppose une morale (sociale, laïque, religieuse, philosophique), qui définit ce qui devrait être en fonction de critères selon ce qui est considéré comme bien/mal. Plus les exigences morales sont sévères, plus on est à même de faire des reproches quand on estime qu’elles ne sont pas respectées. En contrepartie, la connaissance de certains facteurs déterminants (biologiques, psychologiques, sociaux, économiques), peut aussi nous rendre indulgent. Quand par exemple nous commençons à comprendre le lot de souffrances que portent en eux bien des personnes, il devient plus délicat de faire des reproches, parce que nous voyons dans quelle situation terrible, dans quelle incapacités elles sont enfermées.

«traite de»

Traiter de a le sens d’injurier en apposant sur autrui une catégorie qui le ramène à n’être que, l’exemplaire d’un genre connoté de manière négative. On peut me  traiter de  « crétin » quand je ne manoeuvre pas assez vite en voiture pour l’excité du volant qui me suit. Je traiterai une fille de « garce » si je lui en veux de m’avoir trompé intentionnellement, ou traiter de « salaud » le pédophile qui s’en prend aux enfants pour satisfaire ses pulsions. Pour celui qui « traite de » autrui, l’acte a souvent le sens de s’en prendre à quelqu’un ou d’une manière de renvoyer en face une vérité pas très agréable à voir. Pour celui qui se sent « traité de », la parole ainsi reçue est une blessure d’amour-propre. Le moi ne peut accepter de se voir rabaisser à une catégorie ou d’endosser le personnage de (la garce, du crétin ou du salaud), parce qu’il se fait de lui-même une plus haute valeur. Nous avons aussi, en tant que personne, droit à un certain respect, comme nous devons le respect à autrui.

«inconscient»

Un  inconscient, c’est une personne qui se comporte comme si elle ne voyait pas les conséquences de ses actes, conséquences qu’un autre (qui par exemple le voit jeter un mégot dans la paille d’un fourré) voit immédiatement : « mais qu’est-ce qu’il fait ? Il est complètement inconscient ou quoi ? » Il ne s’agit pas ici dans le sujet, de l’inconscient en général, tel que par exemple l’a analysé Freud. Cela n’aurait en effet pas de sens de traiter autrui d’inconscient freudien ! L’inconscient est donc un  certain personnage social, comme le serait l’idiot, le fou, ou l’abruti ou bien l’individu responsable, l’homme sérieux, l’homme vigilant, intelligent et sûr. Ce qui fait que je deviens ce personnage, c’est que je me comporte comme un inconscient. Il n’y a rien d’étonnant à ce que ce nom soit donné, dans la mesure ou tout dans le comportement correspond trait pour trait au type. Il serait donc possible de dresser une sorte de portrait psychologique de l’inconscient, comme on en pourrait aussi dresser un de l’homme vigilant et attentif.

Problématique:   suite

 

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