Philosophie et spiritualité


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Dissertation : Suffit-il d'être maître de ses pensées pour l'être de ses sentiments?


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 Leçon 5 Maîtrise et satisfaction des désirs :
Le bonheur est-il dans la réalisation ou dans la suppression des désirs?
A. Volupté des désirs et satisfaction
B. Réfréner et mesurer ses désirs
C. De la modération des désirs
dialogue

 Leçon 6 L'expérience passionnelle
Qu'est-ce qu'une passion?
A. Phénoménologie des passions
B. Logique passionnelle
C. La passion au cœur de la Vie
dialogue

Analyse du sujet:

"maître de ses pensées":

renvoit à la capacité que nous avons de volontairement diriger et de maintenir notre pensée; on est maître de sa pensée surtout lorsque l'on est capable de la conduire avec ordre, dans des opérations logiques. La maîtrise de la pensée suppose que l'intellect est passé au premier plan et que le verbiage mental, l'agitation de la pensée ( en sanskrit les vrtti de l'esprit) est passé au second. La maîtrise de la pensée n'est pas chose spontanément acquise, mais qui se cultive. Certes, nous pensons déjà, nous pensons même beaucoup, mais mal et de façon confuse. Nous nous laissons trop souvent guider par des associations, nos craintes, nos émotions font aussi naître en nous des trains de pensées qui virent très vite au délire ( l'effet de la colère en est un exemple). Pour maîtriser la pensée, il faut être capable de voir et de voir lucidement ce qui est, c'est à dire, ne pas être aveuglé par le caractère passionnel d'une adhésion ou d'un refus vital. Paradoxalement, on maîtrise d'autant mieux la pensée que l'on parvient à la réduire au silence, pour maintenir l'esprit dans un état lucide d'observation. Le Silence intérieur est le lieu de la véritable maîtrise, car il est le lieu où se tient le Soi. Pour maîtriser la pensée, il faut aussi avoir discerné l'aliénation qui l'accompagne souvent: car toute pensée est une forme d'énergie qui d'elle-même agit et nous détermine. La pensée "j'ai été trompé", une fois lancée, engendre l'émotion, une peur, l'émotion entretient un état de doute, de méfiance, de colère, de rancoeur etc. La stimulation de la pensée aiguillonne les émotions qui déséquilibrent ensuite le jugement correct. L'art de penser suppose que l'on soit capable de rester libre vis-à-vis de la pensée et non pas victime. Cette liberté appartient au Témoin intérieur, qui voit la pensée, sans s'identifier à son cours, le Témoin dépend de l'expérience permanente du Silence de la conscience-de-soi. Alors seulement devient possible d'exercer une maîtrise complète dans le développement logique des idées.

"maître de ses sentiments":

Le sentiment est l'affection du coeur en nous, mais le sujet implique que l'on considère aussi une autre valeur, celle de l'émotion: la réaction affective qu'une situation d'expérience déclenche en nous. Il y a dans le sentiment, comme dans l'émotion, un caractère passif, la vie s'éprouve elle-même sans distance comme sentiment et comme émotion. Aussi la formule "maîtriser ses sentiments" a-t-elle un caractère paradoxal. Immédiatement, on ne maîtrise pas ses sentiments, on les vit. Le processus complexe du désir ajoute à l'émotion une dimension temporelle qui engendre la passion. Dans la passion, la vie semble livrée à elle-même et incapable de se distancier pour que le moi puisse exercer une quelconque maîtrise.

"suffit-il"...    suite

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