S. Freud  le surmoi


      "Dans le " Moi " lui-même, une instance particulière s'est différenciée, que nous appelons le " Surmoi ". Ce Surmoi occupe une situation spéciale entre le " Moi " et le " Ça " . Il appartient au " Moi ", a part à sa haute organisation psychologique, mais est en rapport particulièrement intime avec le " Ça ". Il est en réalité le résidu des premières amours du " Ça ", l'héritier du complexe d'Oedipe après abandon de celui-ci. Ce " Surmoi " peut s'opposer au " Moi ", le traiter comme un objet extérieur et le traite en fait souvent fort durement. Il importe autant, pour le " Moi ", de rester en accord avec le " Surmoi " qu'avec le " Ça ". Des dissensions entre " Moi " et " Surmoi " sont d'une grande signification pour la vie psychique. [...] Le " Surmoi " est le dépositaire du phénomène que nous nommons conscience morale. Il importe fort à la santé psychique que le " Surmoi " se soit développé normalement, c'est-à-dire soit devenu suffisamment impersonnel. Ce n'est justement pas le cas chez le névrosé, chez qui le complexe d'Oedipe n'a pas subi la métamorphose voulue. Son " Surmoi " est demeuré, en face du " Moi " tel un père sévère pour son enfant, et sa moralité s'exerce de cette façon primitive : le " Moi " doit se laisser punir par le " Surmoi "."

 Psychanalyse et médecine, 1925, tr. fr. Marie Bonaparte.

 Indications de lecture:

 


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