Les repères philosophiques

Afin de mieux préciser l'enseignement de la philosophie et ses exigences, le groupe d'experts des programmes a proposé de recentrer la réflexion du nouveau programme sur des notions dites "repères", qui sont en quelque sorte transversales à toute question abordée dans les notions elles-mêmes. La liste suivante a été arrêtée :

Absolu / relatif - Abstrait / concret - En acte / en puissance - Analyse / synthèse - Cause / fin - Contingent / nécessaire / possible - Croire / savoir - Essentiel / accidentel - Expliquer / comprendre -En fait / en droit - Formel / matériel - Genre / espèce / individu - Idéal / réel - Identité / égalité / différence - Intuitif / discursif - Légal / légitime - Médiat / immédiat - Objectif / subjectif - Obligation / contrainte - Origine / fondement - Persuader / convaincre - Ressemblance / analogie - Principe / conséquence - En théorie / en pratique - Transcendant / immanent - Universel / général / particulier / singulier.

Dans les remarques suivantes, noter l'emploi précis des signes / pour les concepts duels, et  - pour corrélatif. Nous n'avons fait figurer aucun auteur sous ces catégories pour ne pas dériver vers l'histoire de la philosophie et rester dans le travail sur les concepts. C'est un premier jet bien sûr, il faudrait y ajouter bien d'autres éléments. Vous pouvez nous aider à compléter ce travail avec d'autres suggestions.


Présentation :

 Absolu/relatif

Est absolu ce qui ne dépend de rien d'autre que de lui-même pour exister. Est relatif ce qui n'existe qu'en relation avec une autre chose.

Contexte dans lequel ces repères fonctionnent :

Dans la religion, l'Absolu, dans l'hindouisme est l'Être sans qualité qui soutient toute existence particulière et relative. Le Monde est relatif. Dieu est Absolu. Sur le web un lien absolu est interne à un site, un lien relatif est externe. Dans la conception du bonheur, le bonheur absolu, réside dans le sentiment de l'existence, le bonheur au sens relatif est plaisir. En philosophie politique on peut parler de pouvoir absolu, comme de pouvoir relatif.

Abstrait/concret

Est concret ce qui peut entrer dans l'expérience subjective: une sensation de douleur, de froid ou de chaud, une expérience objective : la mesure d'un objet, d'un phénomène (en physique, en biologie). Est abstrait ce qui est de l'ordre du pur concept : la nécessité, le temps, les nombres, les idéalités mathématiques, les idées en général.

Contexte dans lequel ces repères fonctionnent :

Dans la théorie de la connaissance, on parle d'abstraction des idées par rapport au caractère concret de la perception, ou de l'imagination, en épistémologie, on parle du caractère concret de l'expérimentation, de l'abstraction des théories physiques, en esthétique, on distingue l'abstraction dans l'art contemporain, et l'art figuratif, dit plus concret, en philosophie politique, on peut distinguer l'abstraction de l'État et le caractère plus concret de la nation,  la perception est plus abstraite que la sensation etc.

En acte/en puissance

Ce qui est en puissance est potentiel, mais n'attend que le mouvement du temps pour s'exprimer, ce qui est en acte manifeste concrètement la potentialité. L'artiste qui dort n'a de talent que potentiel, quand il dessine, il exprime en acte son talent.

Contexte dans lequel ces repères fonctionnent :

Dans la représentation finaliste de la Nature, Aristote distingue la nature en acte et la nature en puissance, dans les technologies de l'information, le virtuel est ramené à la puissance, le réel à l'acte, dans l'ontologie, la Vacuité est en puissance, la manifestation en acte, dans la conscience, dans l'état de veille l'ego en acte, dans l'état de sommeil profond, l'ego est en puissance, l'inconscient contient des tendances en puissance, le caractère finit par les manifester en acte, la jeune fille est en puissance une femme etc.

Analyse/synthèse

Analyser, c'est décomposer un toute, un objet, un phénomène en ses parties, ses composantes. Une synthèse consiste à rétablir le tout en rassemblant les parties. L'eau est analysée en H²O et séparée par électrolyse, en enflammant le mélange, on rétablit le tout.

Contexte dans lequel ces repères fonctionnent :

En biologie on parle d'analyse du vivant, de tentative de synthèse de la vie en laboratoire, en physique, d'analyse d'un phénomène naturel, de processus de synthèse dans l'expérimentation, du point de vue de la théorie de la connaissance, on parlera d'analyse d'une idée, l'analyse aboutit à une pensée fragmentaire, la synthèse renvoie à une pensée globale, à la pensée complexe, dans le traitement littéraire d'un texte, on peut faire une analyse grammaticale, syntaxique etc. On fait la synthèse des idées dans un résumé. Un rapport rendu pour des députés se présente comme une synthèse, comme toute conclusion d'un livre. La philosophie analytique américaine porte bien son nom, la pensée de Leibniz est un admirable essai de synthèse etc.

Cause-fin

Une cause est ce qui détermine l'apparition d'un phénomène appelé effet, de telle sorte qui si la cause n'était pas apparue, l'effet ne serait pas apparu non plus. La représentation de la Nature dominée par la causalité est le paradigme mécaniste . La fin est ce que poursuit à titre de but un processus, ou une fonction. "L'oeil est fait pour voir". Il existe une interprétation de la Nature dominée par la finalité : le paradigme finaliste, La distinction entre les sciences de la Nature et les sciences humaine peut se marquer entre explication à caractère causal et interprétation à caractère plutôt finaliste, la conscience vise par nature des fins, sous la forme d'une visée intentionnelle

Contingent/nécessaire, possible

Est nécessaire ce qui ne peut pas être autrement qu'il n'est, est contingent ce qui pourrait être autrement sans contradiction. Est possible ce qui pourrait exister sans contradiction. 

Contexte dans lequel ces repères fonctionnent :

Le libre-arbitre suppose une certaine dose de contingence dans le réel, le déterminisme suppose que l'existence est nécessaire. En mathématiques, les propriétés d'une entité telle que le triangle ou le cercle sont dites nécessaires. Dans la géométrie d'Euclide les trois angles du triangle font nécessairement 180°. En Histoire, on peut considérer le cours des événements comme nécessaire, ou partir de l'idée que l'Histoire est largement contingente, qu'elle est une possibilité ouverte entre les mains de la bonne volonté humaine. Spinoza : une philosophie qui met l'accent sur la nécessité. Sartre, une philosophie de la contingence. etc.

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