Textes philosophiques

Aristote    l'homme politique, la famille


      Livre I I, 1.1 Puisque toute cité, nous le voyons, est une certaine communauté, et que toute communauté a été constituée en vue d’un certain bien (car c’est en vue de ce qui leur semble un bien que tous les hommes font ce qu’ils font), il est clair que toutes les communautés visent un certain bien, et que, avant tout, c’est le bien suprême entre tous que vise celle qui est la plus éminente de toutes et qui contient toutes les autres. Or c’est celle que l’on appelle la cité, c’est-à-dire la communauté politique.

I, 1.2 Quant à ceux qui pensent qu’être homme politique, roi, chef de famille, maître d’esclave c’est la même chose, ils n’ont pas raison. C’est, en effet, selon le grand ou le petit nombre, pensent-ils, que chacune de ces fonctions diffère des autres, et non pas selon une différence spécifique : ainsi quand on commanderait à peu de gens on serait maître, à plus de gens chef de famille, et à encore plus homme politique ou roi, comme s’il n’y avait aucune différence entre une grande famille et une petite cité. Quant à la différence entre un homme politique et un roi, quand on a été placé soi-même au pouvoir on serait roi, mais quand on exerce le pouvoir selon les règles de la science qui fait que l’on est tour à tour gouvernant et gouverné on serait homme politique. Eh bien tout cela n’est pas vrai.

     I, 2.2 Ainsi, il est tout d’abord nécessaire que s’unissent les êtres qui ne peuvent exister l’un sans l’autre, par exemple la femme et l’homme en vue de la procréation (et il ne s’agit pas d’un choix réfléchi, mais comme aussi pour les autres animaux et les plantes d’une tendance naturelle à laisser après soi un autre semblable à soi); et celui qui commande et celui qui est commandé, et ce par nature, en vue de leur mutuelle sauvegarde. En effet, être capable de prévoir par la pensée c’est être par nature apte à commander c’est-à-dire être maître par nature, alors qu’être capable d’exécuter physiquement ces tâches c’est être destiné à être commandé c’est-à-dire être esclave par nature. C’est pourquoi la même chose est avantageuse à un maître et à un esclave.

La politique, L. I, ch. V. Trad. Pierre Pellegrin, Les Intégrales de philo Nathan.

Indications de lecture:

Voir la leçon sur l'idée du droit.

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