Textes philosophiques

Diogène    le cynisme


    "Un jour, un homme le fit entrer dans une maison richement meublée, et lui dit : " Surtout, ne crache pas par terre. " Diogène, qui avait envie de cracher, lui lança son crachat au visage, en lui criant que c'était le seul endroit sale qu'il eût trouvé et où il pût le faire. On attribue parfois le mot à Aristippe. Un jour, il cria : "Holà ! des hommes !" On s'attroupa, mais il chassa tout le monde à coups de bâton, en disant : " J'ai demandé des hommes, pas des déchets ! " (...) (...) Alexandre le rencontrant un jour lui dit : " Je suis le grand roi Alexandre. " Diogène alors se présenta : " Et moi je suis Diogène, le chien. " On lui demanda pourquoi il était appelé chien : " Parce que je caresse ceux qui me donnent, j'aboie contre ceux qui ne me donnent pas, et je mords ceux qui sont méchants. " (...) Un jour où il se masturbait sur la place publique, il s'écria : " Plût au ciel qu'il suffît aussi de se frotter le ventre pour ne plus avoir faim ! " Voyant un jeune homme qui s'en allait déjeuner avec des satrapes, il l'en empêcha, le tira à part, le ramena chez ses parents et leur conseilla de le surveiller. à un autre garçon qui s'était fardé et qui lui posait une question, il déclara qu'il lui répondrait seulement quand il se serait mis tout nu, et qu'il pourrait voir si son interlocuteur était un homme ou une femme. Il`dit à un autre qui au bain jouait au cottabe : " Mieux tu feras, pis ce sera. " Pendant un repas, on lui jeta des os comme à un chien (...) alors, s'approchant des convives, il leur pissa dessus comme un chien. Il ne voyait pas qu'il fût mal d'emporter les objets d'un temple, ou de manger la chair de n'importe quel animal, et ne trouva pas si odieux le fait de manger de la chair humaine, comme le font des peuples étrangers, disant qu'en saine raison, tout est dans tout et partout. (...) On rapporte qu'il mourut à près de quatre-vingt-dix ans, mais tout le monde n'est pas d'accord sur la façon dont il mourut. Les uns veulent que pour avoir mangé tout cru un poulpe il soit mort du choléra, les autres, et parmi eux Kercide de Mégalopolis, qu'il se soit volontairement asphyxié en retenant sa respiration. (...) D'autres auteurs racontent encore que, voulant arracher aux chiens un morceau de poulpe, il fut mordu au pied et en mourut. (...) Quelques auteurs veulent qu'il ait demandé qu'on laissât son corps sans sépulture pour que les chiens puissent y prendre leur morceau. Vie de Diogène in

 

Doctrines et sentences de philosophes illustres, t. II, trad. Genaille, Garnier-Flammarion, pp 18-36.e". par Diogène Laërce.


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