Textes philosophiques

Hegel                      la cruauté des croisades


     "Les croisades ont commencé immédiatement en occident même, des milliers de juifs ont été massacrés et pillés, - et après ce début horrible le peuple chrétien se mit en route. Le moine Pierre l'Hermite d'Amiens marchait en tête avec une effroyable foule de racaille. La file traversait la Hongrie dans le plus grand désordre, partout on volait et on pillait, et la foule elle même fut réduite de plus en plus, et très peu atteignaient Constantinople. Car il n'était pas question des principes de raison; la foule croyait que Dieu les guidait et les gardait. […] Finalement des armées qui avaient été disciplinées par de grands efforts et sous des pertes énormes ont atteint leur but: elles se voient en possession de tous les lieux saints, de Béthlehème, Guethsémané, Golgotha, et même du sépulcre sacré. Dans toute cette affaire, dans toutes les actions des chrétiens se manifestait ce contraste épouvantable qui partout était présent, en ce que l'armée chrétienne passait des débauches et brutalités les plus abjectes à la contrition et à la soumission la plus profonde. Dégouttant encore du sang des habitants de Jérusalem qu'ils avaient massacrés, les chrétiens se prosternaient devant la tombe du sauveur et s'adressaient à lui avec des prières ferventes."

   Leçons sur la philosophie de l'histoire, t. 12, p. 469-70.

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