Textes philosophiques

Heidegger  sources de l'humanisme


   "A partir de quoi se détermine l'essence de l'homme? Marx exige que "l'homme humain" soit connu et reconnu. Il trouve cet homme dans la "société". L'homme "social" est pour lui l'homme "naturel". Dans la société, la "nature" de l'homme, c'est-à-dire l'ensemble de ses "besoins naturels", (nourriture, vêtement, reproduction, nécessités économiques), est régulièrement assuré. Le chrétien voit l'humanité de l'homme, l'humanitas de l'homo, dans sa délimitation par rapport à la déitas. Sur le plan de l'historie du salut, l'homme est homme comme "enfant de Dieu", qui perçoit l'appel du Père dans le Christ et y répond. L'homme n'est as de ce monde, en tant que le "monde", pensé sur le mode platonico-théorique, n'est qu'un passage transitoire vers l'au-delà.

     C'est au temps de la République romain que pour la première fois l'humanitas est considérée et poursuivie expressément sous ce nom. L'homo humanus s'oppose à l'homo barbarus. L'homo humanus est alors le Romain qui élève et ennoblit la virtus romaine par l'incorporation de ce que les Grecs avaient entrepris sous le nom de paideia. Les Grecs sont ici ceux de l'hellénisme tardif dont la culture est enseignée dans les écoles philosophiques. Cette culture concerne l'eruditio et institutio in bonas artes...

     L'homo romanus de la Renaissance s'oppose, lui aussi, à l'homo barbarus. Mais ce qu'on entend alors par non humain est la prétendue barbarie de la scolastique gothique du moyen âge.

Lettre sur l'humanisme, in Questions III, Gallimard, p.84-85.


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