Textes philosophiques

John Stuart Mill    la lutte pour la liberté et les limites du pouvoir


    La lutte entre la Liberté et l'Autorité est le trait le plus remarquable dans les périodes de l'histoire qui nous sont familières depuis l'enfance, en particulier la Grèce, Rome, et l'Angleterre. Mais jadis c'était un combat entre des sujets, ou certaines classes de sujets, et le gouvernement . Par liberté, on entendait la protection contre la tyrannie des dirigeants politiques . Les dirigeants étaient conçus (à l'exception de certains gouvernements populaires de Grèce) comme étant dans un situation nécessairement opposée à celle du peuple qu'ils dirigeaient. Il s'agissait du gouvernement d'un Seul, ou du gouvernement d'une tribu ou d'une caste, qui devaient leur autorité à l'héritage ou à la conquête, qui, en tout cas, ne la tenaient pas de la volonté des gouvernés, et les hommes n'osaient pas, ou ne désiraient pas, élever des contestations contre cette suprématie, quelles que fussent les précautions à prendre contre son exercice oppressif . Le pouvoir était considéré comme nécessaire, mais aussi comme haute­ment dangereux, comme une arme que les dirigeants pouvaient essayer d'utiliser contre leurs sujets autant que contre leurs ennemis extérieurs. Pour empêcher que les membres les plus faibles de la communauté ne soient victimes d'innombrables vautours, il était nécessaire qu'il y ait un animal de proie plus fort que les autres, chargé de les tenir en respect . Mais comme le roi des vautours n'était pas moins acharné à faire sa proie du troupeau que les harpies inférieures, il était indispensable d'être perpétuellement prêts à se protéger de son bec et de ses serres. Le but des patriotes était par conséquent de poser des limites au pouvoir, limites que le dirigeant devait subir pour exercer ce pouvoir sur la communauté , et cette restriction était ce qu'ils entendaient par liberté. Il s'agissait du gouvernement d'un Seul, ou du gouvernement d'une tribu ou d'une caste, qui devaient leur autorité à l'héritage ou à la conquête, qui, en tout cas, ne la tenaient pas de la volonté des gouvernés, et les hommes n'osaient pas, ou ne désiraient pas, élever des contestations contre cette suprématie, quelles que fussent les précautions à prendre contre son exercice oppressif . Le pouvoir était considéré comme nécessaire, mais aussi comme haute­ment dangereux, comme une arme que les dirigeants pouvaient essayer d'utiliser contre leurs sujets autant que contre leurs ennemis extérieurs. Pour empêcher que les membres les plus faibles de la communauté ne soient victimes d'innombrables vautours, il était nécessaire qu'il y ait un animal de proie plus fort que les autres, chargé de les tenir en respect . Mais comme le roi des vautours n'était pas moins acharné à faire sa proie du troupeau que les harpies inférieures, il était indispensable d'être perpétuellement prêts à se protéger de son bec et de ses serres. Le but des patriotes était par conséquent de poser des limites au pouvoir, limites que le dirigeant devait subir pour exercer ce pouvoir sur la communauté , et cette restriction était ce qu'ils entendaient par liberté…

De la liberté, 1859.

Indications de lecture:

 


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