Textes philosophiques

Platon        la musique et l'âme


      "N'est-ce pas, Glaucon, repris-je, que l'éducation musicale est souveraine parce que le rythme et l'harmonie ont au plus haut point le pouvoir de pénétrer dans l'âme et la toucher forment, apportant avec eux la grâce et la conférant, si l'on a été bien élevé, sinon le contraire? et aussi parce que le jeune homme à qui elle est donnée comme il convient sent très vivement l'imperfection et la laideur dans les ouvrages de l'art ou de la nature, et en éprouve justement du déplaisir? Il loue les belles choses, les reçoit joyeusement dans on âme pour en faire sa nourriture, et devient ainsi noble et bon; au contraire, il blâme justement les choses laides, les hait dès l'enfance, avant que la raison lui soit venue, et quand la raison lui vient, il l'accueille avec tendresse et la reconnaît comme une parente d'autant mieux que son éducation l'y a préparé... Nous ne serons pas musiciens, nous, ni les gardiens que nous prétendons élever, avant de savoir reconnaître les formes de la tempérance, de courage, de la générosité, de la grandeur d'âme, des vertus leurs sœur et des vices contraires, partout où elles sont dispersées...

    L'amour véritable aime avec sagesse et mesure l'ordre et la beauté... la musique doit aboutir à l'amour du beau...

    La simplicité dans la musique rend l'âme tempérante, et dans la gymnastique le corps sain...

    Par suite, celui qui mêle avec le plus de beauté la gymnastique à la musique, et dans la meilleure mesure les applique à son âme, celui-là, dirons-nous très justement, est parfait musicien et parfait harmoniste, bien plus que celui qui règle entre elles les cordes d'un instrument".

   

La République, II, trad. Chambry,  Garnier-Flammarion, p. 153-154, 155, 157, 163.


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