Textes philosophiques

Platon   critique de l'imitation


    Mais l'imitateur, tiendra-t-il de l'usage la science des choses qu'il représente, saura-t-il si elles sont belles et correctes ou non - ou s'en fera-t-il une opinion droite parce qu'il sera obligé de se mettre en rapport avec celui qui sait, et de recevoir ses instructions, quant à la manière de les représenter?

     Ni l'un, ni l'autre.

     L'imitateur n'a donc ni science ni opinion droite  touchant la beauté ou les défauts des choses qu'il imite.

     Non, semble-t-il.

     Il sera donc charmant l'imitateur en poésie, par son intelligence des sujets traités !

     Pas tant que ça !

     Cependant il ne se fera pas faute d'imiter, sans savoir par quoi chaque chose est bonne ou mauvaise; mais, probablement, imitera-t-il ce qui paraît beau à la multitude et aux ignorants.

     Et que pourrait-il faire d'autre?

     Voilà donc, ce semble, deux points sur lesquels nous sommes bien d'accord : tout d'abord l'imitateur n'a aucune connaissance valable de ce qu'il imite, et l'imitation n'est qu'une espèce de jeu d'enfant, dénué de sérieux; ensuite, ceux qui s'appliquent à la poésie tragique, qu'ils composent en vers ïambiques ou en vers épiques, sont des imitateurs au suprême degré.

      Certainement.

République, X, 602.

Indications de lecture:

     Cf. leçons L''art entre illusion et réalité.


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