Textes philosophiques

A. Comte-Sponville    la clarté de l'écrit


L’Esprit de l’athéisme’ est écrit très clairement, dans un style fluide, un peu à la manière de Marcel Conche. Y a-t-il une volonté de vulgarisation ?

Ca a commencé bien avant Marcel Conche ! Tous les auteurs que j’aime écrivent clairement : Les Grecs, bien sûr, mais aussi Montaigne, Descartes, Pascal, Diderot, Marx, Nietzsche… Althusser, qui fut aussi mon maître et mon ami, écrit aussi clairement que Marcel Conche. L’inverse est vrai pour les philosophes obscurs ou abscons, comme Derrida. L’homme était charmant ; mais, au bout de dix pages, je savais que ce type ne m’intéresserait jamais. Il avait du talent, mais je ne supporte pas son maniérisme, pas plus que je ne supporte celui de Lacan, qui frise l’escroquerie intellectuelle. Le style, c’est l’homme ; quand le style est obscur, il faut déjà s’inquiéter. Cela dit, je ne parlerais pas de vulgarisation, car je ne fais pas d’efforts de traduction pour rendre la philosophie accessible. Descartes ou Pascal n’ont pas vulgarisé la philosophie ; ils ont juste écrit clairement. J’appartiens à cette tradition de philosophes qui écrivent le plus simplement qu’ils peuvent. Ce n’est pas de la vulgarisation ; c’est de l’honnêteté intellectuelle.

interview autour de L'esprit de l'athéisme.


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