Textes philosophiques

Michel Henry  bourreaux et victimes


   « Il se peut bien que dans la torture, à l’instant du cri et du sanglot, bourreaux et victimes se donnent l’un à l’autre de soulever le voile qui recouvre le mystère le plus profond de l’être. En quoi alors le fascisme diffère-t-il de ces expériences limites où la vie touche à son Fond ? En ceci qu’il ne voit dans cette émotion suprême de la vie que le moyen de l’amener à se renier elle-même, à accomplir l’œuvre monstrueuse de la négation de soi en tant que cette négation doit provenir d’elle et être son propre fait la négation de la vie en tant que son auto-négation. Car c’est, dans le cri de la souffrance, le moment de dénoncer un camarade, de lâcher le renseignement exigé, de livrer tout un réseau – et beaucoup plus que cela : c’est le moment pour l’individu qui fait tout cela, qui cède, qui dénonce et qui accuse, de dire lui-même qu’il n’est rien, qu’un lâche et qu’un délateur. Mais cette abomination ne le concerne pas seulement lui, cet individu particulier, elle atteint la vie toute entière ».

 Du communisme au capitalisme, p. 96.

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