Textes philosophiques

Stephen Jourdain   au milieu de la nuit


     Au milieu de la nuit, je me réveille. Le compartiment est plongé dans l’obscurité, et tout le monde dort. Merveilleux déjà, ça, ce retour à soi-même dans des ténèbres pleines de fracas et enluminées de présences endormies, qui vous emmènent… comme l’éveil a une flamme profonde et claire, et douce, alors !

Ma place est à côté de la fenêtre, j’ai ramené mes jambes sur la banquette et, par le biais de la vitre supérieure, je plonge dans la nuit bleue. Ça ne bouge pas, et ça fourmille d’étoiles ; présence et blancheur diffuse d’un nuage solitaire qui stagne.

Il me semble me souvenir que pense à Mercedes qui va me trouver tellement plus mûr, plus « homme » que l’année dernière.

Je regarde le nuage...

Et soudain il se passe cette chose fantastique, et, pour une seconde ou deux, les portes du Paradis s’ouvrent : la substance du nuage change, il se transmue en un pan d’une matière inconnue, angélique — barbe-à-papa spirituelle ? Intériorité faite talc ?...

En même temps, l’intervalle entre lui et moi meurt — le nuage devient vivant, s’anime d’une vie immense. Cette vie m’aime ; cette vie, avec laquelle mon esprit (où Je est étrangement évident) communique directement, m’aime d’un amour infini et me le dit. Et dans cette voix, oh fabuleux bonheur ! Je reconnais la mienne, JE SUIS LE NUAGE.

 Cette vie m’aime

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