Textes philosophiques

Stephen Jourdain    ce que je vois est la fleur dont les merveilles


Ce que je vois est la fleur dont les merveilles de l’enfance étaient le germe, et mieux encore. Tant qu’on n’est pas passé par là, on ne peut nourrir l’idée d’une pareille magnificence. Et cela, c’est réel ! Mieux encore : c’est le visage de la réalité !

Je tourne lentement la tête :

Si cette magnificence est vraie, si elle participe vraiment de la réalité des choses – si elle ne résulte pas du hasard d’un paysage exceptionnellement poétique qui m’a fait m’enflammer -, si c’est réellement parce que le voile qui me la dissimulait s’est consumé, parce qu’au-dedans le promeneur a cessé de se prendre pour le bruit de ses pas, l’araignée, pour un fragment de sa toile, qu’elle m’est apparue… eh bien, le monde tout entier, et non seulement ce qui, là, dans cette direction où je suis tourné, livre spontanément au regard sa fabuleuse multiplicité, tend dans la gelée cristalline de l’espace – alors que tonne la révélation de sa réalité –, le paysage sans coordonnée du rêve (soudain, ça s’est animé, ça a pris consistance, ça a coagulé, ça a commencé de signifier) doit être paré de la même magnificence.

Lentement, je tourne la tête.

Inouï ! Ça tient ! C’est vrai, vrai ! Le miracle est là, partout autour de moi ; je puis fermer les yeux et le retrouver ; tourner autour de l’aurore boréale du banc, de la bagnole, de la pissotière ; ramasser le mégot radieux, palper, gratter la jouvence, l’extase du bandeau de pierre, de la porte… C’est pas du rêve, pas du toc, c’est bien là, c’est bien dans les choses. C’EST VRAI !

Cette vie m’aime

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