Textes philosophiques

Raymond Ruyer  le matérialisme et l'oubli de la conscience


   « Nous croyons que les choses et les êtres sont comme nous les voyons, tout en peau, extérieure ou faussement intérieure, surface réfléchissant la lumière. Un homme de notre connaissance, nous savons que son corps a un envers, ou plutôt un endroit : sa propre vie et sa propre conscience, parce qu’il nous parle. Un chien aussi atteste son endroit, en protestant quand on lui marche sur la patte. Un arbre que l’on émonde, ou une herbe que l’on foule, ou un cristal que l’on comprime ne protesteront jamais. Aussi nous les considérons comme sans ‘endroit’ comme étant ‘tout corps’…
   Le matérialisme consiste à croire que ‘tout est objet’, ‘tout est extérieur’, ‘tout est chose’. Il prend pour argent comptant le caractère ‘surfaciel’ de la perception visuelle et de la connaissance scientifique. Il prend pour endroit (
right side) l’envers (wrong side) des êtres.
   Ce qui fait la vraisemblance du matérialisme, c’est que la plupart des êtres perçus et connus sont en effet, des faux êtres, des composés, des agencements artificiels et fortuits. Un nuage, une rivière, une maison, une machine n’ont évidemment pas, comme tels, d’endroit ‘conscient’. Leurs molécules composantes par contre, puisqu’elles subsistent par elles-mêmes, gardent leur forme, la reconstituent éventuellement. Il faut bien qu’elles aient un ‘endroit’ qui en fait une réalité indépendante de notre vision ou de nos soins.
   Les énormes amas de matière des étoiles et des nébuleuses sont de la conscience à l’état pulvérulent, une sorte de neige de conscience, neige faite de milliards de cristaux de glaces et rendus invisibles, alors que la glace (la conscience) est transparente.


La Gnose de Princeton ,
p. 59-60.

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