Textes philosophiques

Shankara  Le corps-subtil


   "93-94 L'organe interne (antah-karana) est désigné par différents noms selon que l'on considère plus particulièrement telle ou telle de ses fonction; c'est ainsi qu'on l'appelle manas (mental) lorsqu'il pèse les avantages ou les inconvénients qu'une chose peut représenter. dhi ou buddhi (faculté discriminative) lorsqu'il s'efforce de déterminer le degré de vérité que possèdent les objets. Ahamkriti (sens particulariste du moi) lorsqu'il s'identifie si intimement avec le corps grossier qu'il ne fait plus qu'un avec lui. citta, (psychisme) lorsqu'il recherche à l'extérieur ce qui lui procurera quelques agréments.

    95. Pour la même raison, énergie vitale (prana) devient prana, apana, udana, samana, selon les les multiples fonctions qu'elle remplit ou les modifications qu'elle subit, il en va somme toute, pour le prana comme pour l'or ou pour l'eau.

    96. Le groupe des cinq organes d'action -celui des cinq organes d'information, celui des cinq prana, celui des cinq éléments, l'organe interne, avec l'ignorance, le désir et l'action ; ce sont les huit facteurs qui, associé les uns aux autres , composent ce qu'on appelle le corps subtil.

    97. Or soit attentif, ce corps-subtil, que l'on désigne par le nom de linga-sharira, est produit par les éléments avant qu'ils ne se subdivisent et se combinent entre eux. Il éprouve des désirs et, par là, il contraint l'âtman à recevoir le fruits des oeuvres du passé. Cette surimposition à laquelle nulle origine ne peut être assignée, est projetée sur l'atman par sa propre ignorance.

    98,99. Le rêve, distinct de l'état de veille, est l'état en lequel l'âtman brille de son seul éclat, dans les songes en effet, l'intelligence joue par elle-même et sans secours étranger, les rôle d'agent, de sujet sensible etc. C'est la conséquence de multiples désirs qui se sont auparavant manifestés, mais le Soi suprême continue lui, à résider en sa propre gloire.

    99. A ce moment l'intelligence est la seule surimposition qui masque encore l'éternel témoin de toutes choses. Et ce Témoin n'est affecté par aucune des action auxquelles se livre l'intelligence. En toutes circonstances, le soi reste à l'écart de ce qu'accomplissent ses surimpositions.

    100. Le soi qui est intelligence pure (cit) doit, pour agir, utiliser comme instrument ce corps subtil, de même qu'un charpentier se sert de sa hache ou de ses autres outils. Le Soi demeure donc absolument inconditionné".

Le plus beau fleuron de la discrimination viveka-cûda-mâni, traduit de l'anglais par . Sauton, p.27-27.


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