Textes philosophiques

Bernard Stiegler     Le temps du cinéma et de la télévision


    "Si le cinématographe peut pénétrer les flux des consciences au point de donner parfois l'impression qu'il les contrôle, surtout lorsqu'il devient télévision, c'est parce que la conscience est elle-même avant toute projection, tout aussi bien que montage et réalisation d'un flux temporel où les flux en quoi consiste les objets cinématographiques se coulent et s'écoulent, se moulent et moulent en retour le matériau des masses de consciences auxquelles l'industrie s'adresse à travers eux. Car les marchés sont avant tout des consciences. Or l'intégration des industries du symbole et de la logistique est ce qui permet, lorsque le cinéma devient télévision, un contrôle total des marchés en tant qu'ensembles de flux de conscience qu'il s'agit de synchroniser.

   Cependant une conscience est essentiellement libre, c'est à dire diachronique, c'est-à-dire exceptionnelle, singulière, irréductiblement mienne.

   De cet état de fait qu'habite une contradiction explosive résulte un profond mal-être historique que l'on n'ose plus appeler une époque de l'être, mais plutôt une époque du devenir vécu comme non-être..."

La technique et le temps 3, le temps du cinéma, cité dans L'effondrement du temps, ed. Le grand souffle, 2006. p.10.

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