Juvénal  La vertu, unique sentier d'une vie tranquille


    "« Voulez-vous un conseil ? Eh bien, laissez aux dieux le soin d’apprécier ce qui nous convient, ce qui doit servir nos intérêts. Au lieu de ce qui plaît seulement, les dieux nous donneront ce qui nous est vraiment utile. L’homme leur est encore plus cher qu’il ne l’est à soi-même. Emportés par l’élan de nos cœurs, par l’aveuglement de nos ardents désirs, nous souhaitons une épouse, des enfants. Eux, ils savent ce que seront ces enfants, ce que sera cette épouse. Si pourtant vous tenez à demander quelque chose, à offrir dans les temples les entrailles et les saucisses sacrées d’un blanc cochon de lait, que vos prières sollicitent un esprit sain dans un corps sain. Demandez une âme forte, exempte des terreurs de la mort et qui place parmi les bienfaits de la nature l’étape suprême de la vie ; une âme capable de supporter n’importe quels labeurs, inaccessible à la colère, aux vains désirs, et qui préfère les travaux, les épreuves d’Hercule, aux amours, aux festins, au duvet moelleux de Sardanapale. Je vous montre là des biens que vous pouvez vous procurer vous-mêmes : c’est par la vertu que passe l’unique sentier d’une vie tranquille. Si nous sommes sages, ô Fortune, ton pouvoir n’existe plus. C’est nous, oui, nous, qui te faisons déesse et qui te plaçons au Ciel ! »

Satires, X, 346-366 Paris, Les Belles Lettres, collection des Universités de France, 1921, p. 137.

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