Textes philosophiques

F. Nietzsche      la dureté des aristocrates


   "L’aristocrate révère en soi l’homme puissant et maître de soi, qui sait parler et se taire, qui aime exercer sur soi la rigueur et la dureté, et qui respecte tout ce qui est sévère et dur. « Wotan a mis dans ma poitrine un cœur dur », dit une vieille saga scandinave ; c’est faire parler comme il se doit un fier Viking. Un tel homme s’enorgueillit précisément de n’être point fait pour la pitié ; c’est pourquoi le héros de la saga ajoute cet avertissement : « Celui qui n’a pas dès la jeunesse un cœur dur n’aura jamais un cœur dur. » Les aristocrates et les braves qui pensent ainsi sont aux antipodes de la morale qui voit dans la pitié ou dans le dévouement à autrui ou dans le désintéressement la marque distinctive de l’acte moral. La foi en soi-même, la fierté de soi, une hostilité foncière et ironique à l’égard du désintéressement sont en effet partie intégrante de la morale des nobles, ainsi qu’un léger mépris et une certaine méfiance à l’endroit de la compassion et des « cœurs chauds ». »

 Par-delà le bien et le mal, 260 – p. 268, 10/18 –  1973.

Indications de lecture:

Cf.


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