Textes philosophiques

Plotin    L'Un est indicible


   « Il est raisonnable d'admettre que l'acte qui émane en quelque sorte de l'Un est comme la lumière qui émane du soleil; toute la nature intelligible est une lumière; debout, au sommet de l'intelligible et au dessus de lui, règne l'Un, qui ne pousse pas hors de lui la lumière qui rayonne. Ou encore, nous admettrons que l'Un est, avant la lumière, une autre lumière qui rayonne sur l'intelligible, en restant immobile. L'Etre qui vient de l'Un ne se sépare pas de lui et n'est pas identique à lui. Il est faux qu'il ne soit pas une substance, et qu'il soit comme un aveugle: il voit, il se connaît lui-même; il est le premier être connaissant. L'Un est au delà de la connaissance, comme il est au-delà de l'intelligence; il n'a pas plus besoin de cela connaissance que de nulle autre chose. La connaissance est une certaine unité; lui est simplement unité; s'il était une certaine unité, il ne serait pas l'Un en soi. L'un est antérieur à quelque chose.

    C'est pourquoi, en vérité, il est ineffable; quoi que vous disiez, vous direz quelque chose: or ce qui est au delà de toutes choses, ce qui est au delà de la vénérable intelligence, ce qui est au delà de la vérité et qui est en toutes choses n'a pas de nom, car ce nom serait autre chose que lui".

Les Ennéades V, 3, Belles-Lettres, p. 67.


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