Textes philosophiques

Trinh Xuan Thuan    La pluralité des mondes


    "Trinh Xuan Thuan - L’infinité des mondes m’amène à penser aux autres formes d’intelligence qui existent probablement dans le cosmos. L’univers observable contient cent milliards de galaxies contenant chacune cent milliards d’étoiles. Si la plupart de ces étoiles possèdent, comme notre Soleil, un cortège d’une dizaine de planètes, la population totale des planètes dans l’univers est de cent mille milliards de milliards de planètes. Il paraît inconcevable que, parmi un si grand nombre de planètes, la nôtre soit la seule à héberger la vie et la conscience. L’existence de civilisations extraterrestres soulèverait des questions théologiques fort intéressantes. Par exemple, du point de vue de la religion chrétienne, Dieu a envoyé son Fils Jésus-Christ sur Terre pour sauver les hommes. Y aurait-il une multitude de Jésus-Christ visitant chaque planète où se trouvent la vie et la conscience pour sauver les vivants qui s’y sont développés ?

Mathieu Ricard – Le bouddhisme parle de milliards de mondes où évoluent différentes formes d’êtres. Dans la plupart de ces mondes se trouve, dit-on, un Bouddha qui enseigne aux êtres comment atteindre l’Éveil. Un Bouddha ne sauve pas les êtres comme on lancerait un caillou vers le sommet d’une montagne, mais il leur donne les moyens d’identifier les causes de la souffrance et de s’en délivrer.

Trinh Xuan Thuan. – Le philosophe italien Giordano Bruno avait déjà soulevé ces questions à la fin du XVIe siècle lorsqu’il avançait l’idée d’un univers infini contenant une infinité de mondes habités par une infinité de formes de vie. Il paya de sa vie cette témérité, car l’Église le condamna à mourir sur le bûcher il y a exactement quatre siècles. Il est intéressant de voir que le bouddhisme a soulevé ce genre de questions il y a plus de deux mille ans...

Mathieu Ricard. – On dit encore que sur chaque brin d’herbe et chaque grain de poussière, dans chaque atome et dans chaque pore de la peau de chacun des Bouddhas, il y a une infinité de mondes, sans qu’il soit nécessaire que ces mondes rapetissent ni que les pores de la peau s’agrandissent. Autrement dit, par l’interdépendance, chaque élément inclut tous les autres sans que, pour cela, il ait à changer de dimension.

L'infini dans la paume de la main . p. 114.

Indications de lecture :

Voir la leçon sur le fini l'infini.


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