Leçon 265.   Vacuité et champ unifié         

   Le paradoxe de la Totalité est que justement être tout veut dire ne pas être quelque chose en particulier, ce qui serait extrêmement limitatif, pour être tout, il faut n’être rien de spécial, ce qu’un esprit formé à l’Occidentale a beaucoup de mal à comprendre. Le sens original de la pure Vacuité. La vacuité seule peut donner naissance à toutes les formes sans se confondre avec l’une d’entre elles. En d’autres termes, l’Être porte la totalité des existences, comme l’océan porte la totalité des vagues ; il n’est pas une vague en particulier, il est le potentiel infini qui l’a fait émerger comme existence ; chaque vague se situe dans de la manifestation et chacune des vagues pose une limitation dans l’espace-temps-causalité, or le dynamisme infini des formes de l’existence ne peut s’y contenir, il ne peut qu’émerger de l’illimité. Ainsi, la potentialité infinie est nécessairement sans forme, Vacuité, mais elle doit cependant contenir en elle-même toutes le formes pour les manifester. Mais comment ? -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

    L’illimité, le non-manifesté, l’avyakata, doit être en lui-même dépourvu de qualités pour les faire émerger toutes ; ainsi se comprend la Vacuité dans la philosophie indienne et c’est dans cette direction que nous devons aller si nous voulons intuitivement fait pressentir que le Vide est en lui-même un plénum. Pour paraphraser..

    Il est tout à fait significatif que Frijof Capra, que nous avons abondamment cité précédemment pour un ouvrage qui a connu un immense succès, Le Tao de la Physique, soit parti exactement de la convergence inattendue sur la nature du Vide entre l’ancienne spiritualité et les découvertes de la physique. Avançons de pied ferme. Dans les chapitres précédents nous avons posé les bases d’une approche qui peut maintenant prendre place dans les études qui vont suivre. Elles vont notamment nous permettre de visiter les perspectives offertes par Erwin Laszlo.  En quoi le vide découvert par la physique est-il apparenté à la Vacuité des anciennes philosophies ?

A. Quelques données sur le vide quantique

    Le concept d’espace-temps vu sous la forme d’un substrat bouillonnant de l’énergie de l’univers est d’apparition récente. Il naît au XXème  siècle mais au tout début du siècle, il y avait déjà un consensus chez les physiciens pour admettre que l’espace devait être rempli « d’éther luminophore », un champ d’énergie invisible censé causer une friction dans le dépla­cement des corps dans l’espace et qui devait donc ralentir leur mouvement.

    Ce faisant, les physiciens détournaient à leur propre compte un très ancien concept métaphysique. Con­trairement à ce que l’on admet d’ordinaire, les cosmogonies les plus ar­chaïques com­portent non pas quatre Éléments, le Feu, l’Air, l’Eau et la Terre, mais cinq, à savoir l’Éther, l’Eau, le Feu, l’Air et la Terre. Le terme sanskrit qui correspond à l’éther est l’akasha. On sait que Newton, qui passe pour un parangon de la science moderne a énormément écrit sur des thèmes qui pour nous relèvent de l’alchimie

    Toujours est il que, suite aux expériences de Michelson-Morley, la fameuse friction ne fut pas mise en évidence. On décida donc de se débarrasser du concept d’éther qui lui était associé et de le remplacer par un espace absolu, complètement vide lorsqu’il n’était pas localisé à telle ou telle place par un objet. Idée que l’on retrouve chez Leibniz.

    Mais l’arrangement ne pu tenir bien longtemps, car plus la physique progressait et plus le vide cosmique se révélait très différent de l’espace vide. Impossible de raisonner comme si nous étions encore aux début de la Modernité, comme si nous pouvions prendre au premier degré l’espace car­tésien, croyant qu’il pouvait nous suffire pour représenter le vide. Non. Le vide cosmique possède ses propres carac­téristiques. Par exemple, il se laisse mieux comprendre quand on analyse ce qui se produit quand on abaisse la température d’un corps pour frôler ce que l’on appelle le point zéro. Il appert que même à ce stade, lorsque toutes les formes d’énergie classique ont disparu, une énergie subsiste. Le vide est un médium qui supporte ce qui s’appelle le champ du point zéro (CPZ). Par la suite, on a attribué à cette mer d’énergie virtuelle, la déno­mination de vide unifié, ou encore de champ unifié. L’idée qui pointe alors son nez, et qui semble se confirmer jour après jour, c’est que le vide, selon les termes de Ervin Lazlo, est la demeure de toutes les lois de la Nature, « la raison d’être de tous les champs et de toutes les forces de la nature ». ..........

    Loin d’être neutre, inactif, ou passif, l’espace réel, le vide cosmique, interagit en permanence avec les objets et les processus à l’œuvre dans le monde physique. Dans la lignée d’Einstein, Paul Dirac a par exemple établi que les fluc­tuations dans le domaine des subparticules produisent une polarisation  du champ CPZ ; en retour, le vide lui-même a un effet sur la masse, la charge et la rotation, ou momentum angulaire des particules.

    A peu près à la même époque que les découvertes de Dirac, Andrei Sakharov avançait l’hypothèse selon laquelle le phéno­mène relativiste du ralentissement des horloges, ainsi que celui du rétrécissement des objets à l’approche de la vitesse de la lumière, devait provenir d’effets provoqués dans le vide par des particules chargées induisant une résistance dans le champ CPZ. L’hypothèse était tout à fait remarquable car elle im­pliquait que « le vide est plus que le continuum quadri­dimensionnel de la théorie de la relativité. Il ne s’agit donc pas seulement de géométrie spatio-temporelle, mais d’un véritable champ physique qui entraîne de vrais effets physiques ». Le vacuum est un océan d’énergie qui porte le champ du point zéro, le champ CPZ, il n’est ni ................

    On doit à Hendrik Casimir en 1948 la découverte devenue célèbre de l’effet étonnant qui porte son nom. Entre deux plaques de métal conductrices non chargées très rapprochées certaines longueurs d’onde des énergies contenues dans le vide se trouve exclues, ce qui réduit la densité de l’énergie à l’extérieur des plaques, d’où une force attractive qui pousse les plaques l’une vers l’autre. Il s’agit de la mise en évidence des fluctuations quantiques du vide, celles des champs électro­magnétiques EM. Les équations de la mécanique quantique prédisent que le vide n’est pas vraiment vide, mais il restait à mettre en évidence une situation où l’on verrait un effet lié à sa fluctuation. L’effet Casimir est une illustration de ce qui se produit au plus fin niveau de la matière quand le vide perpétuellement agité fait émerger des particules qui violent furtivement la loi de la conservation de l’énergie avant de replonger dans la pure virtualité. Les particules ne sont pas observées direc­tement, mais on voit indirectement leur présence dans l’effet Casimir. Dans les premiers travaux sur le sujet l’effet était dit « statique », il ne portait que sur des photons virtuel, mais il laissait deviner un potentiel immense qui a fait par la suite couler beaucoup d’encre : la possibilité qu’un jour l’homme puisse exploiter l’énergie du vide.

    En 1970 un autre physicien, Gerald Moore, a cette fois mis en évidence un effet Casimir « dynamique ». Le mouvement accéléré d’un miroir dans des oscillations à haute fréquence est capable de faire passer du vide des photons virtuels déjà observables à l’état de particules réelles.

    Ces expériences montrent que non seulement les physi­ciens prennent très au sérieux un concept que le matérialisme ordinaire  trouve fumeux ou fantaisiste, celui du vide, mais le défi dans lequel se lancent les laboratoires est de parvenir à  puiser à une source d’énergie infinie. C’est exactement la justification de la quête de l’énergie libre. S’il était possible de maintenir un vortex laissant ouverte la fluctuation quan­tique, on disposerait en abondance de l’énergie ainsi dérivée. On peut imaginer que l’humanité entrerait carrément dans une nouvelle ère, celle de l’énergie non-polluante (aucune combustion) gratuite (pas de contenu fossile à exploiter) : le vide est présent partout.

Ce n’est pas tout, nous pouvons encore dégager en physique beaucoup d’inférences qui pointent en direction du vide pour entrevoir son rôle dans l’univers. On doit à Harold Puthoff et Bernard Haisch  et leur équipe une théorie qui soutient que la force d’inertie, l’attraction gravitationnelle et la masse seraient les conséquence de l’interaction des particules chargées avec le point zéro. Puthoff ajoute  que la structure même de l’atome en dépend.  Comme il émane en permanence de l’énergie des électrons en mouvement autour du noyau, les électrons s’effondreraient sur les noyaux si les quantum d’énergie qu’ils absorbent ne venaient pas remplacer l’énergie perdue en raison de leur mouvement orbital. Encore une fois, le vide soutient une structure placée au dessus de lui dans l’échelle de la complexité.

    Et de proche en proche, ...........

B. Le vide et l’information de l’univers

    Et ce n’est pas tout. Nous savons que c’est peu de le dire que le vide est présent partout et qu’il supporte toutes les

 

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  © Philosophie et spiritualité, 2016, Serge Carfantan,
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