Questions et réponses sur la leçon :
Croyance et vérité


Olivier Rossi
Le besoin de croire : Ce qui se transforme en croyance, c'est la constatation de ce que l'on est vivant. Il y a une chose que l'on sait, mais pour laquelle nous n'avons pas de mot véritablement adapté. Une chose qui est le savoir d'être en vie. Une chose qui nous lie à la vie. Quelque chose par laquelle nous voulons conceptualiser l'essence de notre nature. En nous, l'envie de nommer une source, d'ou nous sommes nés. L'envie de nommer, l'élan de vie, d'où nous sommes issus, auquel nous participons, dans lequel nous "sommes", par lequel nous sommes. L'envie de reconnaître notre appartenance à la vie. Le nom de cela est infiniment grand, quand on l'appelle Dieu, la Vie, le Silence, ou infiniment petit, quand on l'appelle la Source, l'Origine. Ou les Deux quand on l'appelle Lumière, ou Vacuité. Le besoin de croire, c'est l'envie de nommer l'essence de notre être. De donner un nom à une chose qui n'en est pas une, parce que si on en fait une "chose", elle n'est plus ce qu'elle est vraiment. Si je développais un peu je parlerais de la sensation d'être vivant. Quand les religieux disent "nier Dieu, c'est nier l'Homme", c'est cohérent et incohérent à la fois. Cohérent parce que si j'appelle "Dieu" cette chose en nous qui est notre essence profonde, si je la nie, je nie mon être. Incohérent aussi, parce que le mot Dieu contient trop de choses de la Bible, du Coran, de la Torah, qui en font un ensemble de croyances et non l'expression de l'essence de la vie. Nier ces "idoles" ou "images" de Dieu, ce n'est pas nier l'Homme. L'envie de croire, c'est le phénomène mental par lequel notre esprit qui structure sa pensée par le langage, veut nommer, saisir, contenir ce qui le contient : la vie elle même. En philosophie on parlerait de "la nature du sujet conscient" le "sujet" ne peut être "objet" de sa pensée, il en est la source. On comprends que le concept de "Dieu" soit si répandu. Je trouve que c'est un bon mot "Dieu", si un mot doit être choisi, pour désigner, ce par quoi on vit, ce qui fait qu'on est là, qu'on se sait vivant. On peut aussi l'appeler "amour" ou "vie". C'est des mots qui nous apprennent que la vie est partout, et que nous en sommes participants. Nous sommes d'elle et par nous elle est. N'avez vous pas entendu déjà ce genre de phrases dans des psaumes ? Être croyant, avoir la foi, c'est approcher de cette conscience qu'a Jésus d'être "le chemin, la vérité, la vie". C'est entendre ainsi l'interdépendance de tout, la nature commune de tout ce qui est, c'est être "relié". Ce qui dépasse de loin le mot "religion" dont "relié" est la racine. Parce que religion, c'est maintenant, un mythe, un rite, et une foi. Bien moins que ce sentiment d'être relié. Un ensemble de croyances. Mais elles ont pour vocation noble d'amener au sentiment de "relié" (et pour vocation moins noble d'asservir les peuples, selon les mains qui la tiennent). Le besoin de croire, c'est directement lié au besoin de se reconnaître soi-même vivant.

Maurice Champion,
Madame, Monsieur. La philosophie est loin de mes préoccupations ; pourtant la relation philosophie et croyances est bien présente en visitant les divers sites nombreux sur ce thème. Aussi la relation croyances et schizophrénie est-elle une réalité. ? Le psychotique en hallucinations visuelles, auditives, intérieure ne peut faire que référence aux personnes vénérées dans les religions : ? Qui parle, qui montre... Les croyances : une activité cérébrale. Notice d’un antipsychotique de dernière génération: « ... est utilisé pour traiter une maladie qui s’accompagne de symptômes tels que entendre, voir et sentir des choses qui n’existent pas, avoir des croyances erronées... » Un père doublement concerné vous raconte cette réalité, sa réalité. Mon site : http://monsite.orange.fr/champion20

La schizophrénie, un sujet tabou ; parlons-en. Sortons nos enfants de la psychiatrie. Cordialement. Pour que la vie redevienne gagnante.

Maurice Champion, un père auteur de « L’envers de la vie, l’univers du schizophrène. »

Gislain H
Ma question se place surtout sur le domaine religieux. J’admets l’existence de la vérité, ce n’est pas là un pari très audacieux. Vous avez dit dans votre leçon que la croyance construit le sujet. Si parmi diverses croyances, une personne croit en quelque chose qui est vérité, est-ce que selon vous cela va avoir une incidence particulière sur elle, une incidence différente et reconnaissable d’une incidence issue d’une croyance en quelque chose qui n’est pas vrai ? Autrement dit, est-ce que la croyance en la vérité produit une espèce de résonance dans la personne qui la distingue d’autres croyances ?

R.
La question est subtile, elle revient à différencier opinion fausse et opinion droite selon Platon. Dès l'instant où vous croyez dans quelque chose, la croyance agit, de toute manière et que la croyance soit fondée ou pas. Mais il est évident qu'effectivement une croyance qui s'appuie sur le vrai, c'est comme une construction posée sur le roc, par rapport à la construction posée sur des sables mouvants. Vous avez l'appui de la nature en quelque sorte. Voyez la leçon le monde des opinions et la leçon sur le critère de la vérité.

Jean Marichez
Le problème des croyances religieuses est qu'elles tendent vers la certitude et conduisent à des excès qui vont de la haine à la guerre et aux violences les plus monstrueuses. Comment ne pas dénoncer ce côté absurde des croyances ?

Binuize Delaballe
      Bonjour je suis une habitante du village de Bugarach dans l'Aude dans le sud de la France. Capitale mondiale de la spiritualité mystico-new-age-apocalyptique teinté d'Ufologie. Si vous n'avez jamais entendu parlé de nous j'ai mis un lien d'un article de Courier international qui parle de cette situation ubuesque.
                  J'ai fait un blog sur ce qui se passe ici par rapport à décembre 2012. Étant au premières loges, je me propose de partager avec mes lecteurs cette expérience philosophique, sociologique, et spirituelle d'un petit village rurale français de 200 habitants qui tout un coup se retrouve en Une internationale (récemment la télé japonaise arpentait nos rues, c'était avant le tsunami).
                  En effet de tout temps le mont Bugarach a été le carrefour de croyances totalement différentes: des cathares à Rael, des stages de développement personnel au tombeau du christ qui serait enterré pas loin du village. Loin de moi l'idée de me moquer de la naïveté et des superstitions engendré par ce "croire a tout prix", ce n'est pas le but de ce blog. Ce qui m'intéresse de manière philosophique, c'est "l'acte de croire" . Et aussi l'arrivé d'une masse de gens en demande de réponse existentielle confrontée à la réalité pragmatique du terrain (en hiver on peut avoir un mètre de neige, en été des vaches peuvent cuire sur pied!) quel logistique?
                  Je n'ai aucune chapelle et ne manque pas de dénoncer tout abus manipulateur nuisible a l'intégrité de l'homme et à son libre arbitre. Je vous assure qu'ici ils n'ont pas attendu 2012, ça à déjà commencé. Je suis tombé sur votre beau site. Rassurez vous je ne me suis pas trompé d'adresse en vous écrivant.
                  L'expérience vous tente? Je vous demanderai juste une chose, pouvez vous parlez de moi, mettre un lien vers mon blog. Quand vous le lirez ne vous laissez pas abuser par son temps badin et "déjanté", je fais preuve de pédagogie de poésie et paisiblement espère amener mon lecteur à un peu plus de maturité (bien souvent ils arrivent sur mon site pour savoir l'heure de la fin du monde). Je n'ai aucune aspiration à devenir prophète, gourou ou je ne sais quoi! Au centre du cyclone, ici à Bugarach, je fais ce blog pour donner un peu plus d'info au millier de personnes que le sujet intéresse. Après ils verront si ça vaut le coup de se déplacer. Aussi la raison de ce blog est d'apporter ma pierre à l'édifice... d'un monde meilleur et moins crédule, sans nier la vrai recherche philosophique.
                   Cordialement, bonne journée,bise. Lien de mon blog: http://bugarach2012.blogspot.com/
                   Lien de l'article de Courrier international pour comprendre le phénomène Bugarach 2012 si vous n'en avez jamais entendu parler :                      http://www.courrierinternational.com/article/2010/12/27/a-bugarach-les-chasseurs-d-aliens-ne-sont-pas-les-bienvenus

      R. Je ne suis pas tellement étonné du fait. Je pensais que les lieux sacrés c'était pour cela plutôt l'Amérique du Sud, mais bon, c'est un peu loin. Ce qui me surprend tout de même, c'est l'ampleur du phénomène. Sans porter de jugement, cela prouve que la prophétique de 2012 a plus d'importance dans la conscience collective que les médias ne le laisse transparaître. Ce qui en revanche me gène, c'est ce relent d'attentisme catastrophique qui incite ceux qui s'immergent dans le courant, à déserter le présent et ses défis pour se préparer à un futur qui par définition est fait d'incertitudes. Vivre dans l'attente, ce n'est plus vivre vraiment et faire face à la vie. Le pire, c'est que cette attente s'accroche non pas à des prévisions solides (comme par exemple le déclin du pétrole, la montée des océans dans le changement climatique, la fin des ressources naturelles, la disparition des espèces vivantes etc.) mais à une attente de salut par l'arrivée d'extraterrestres! Alors là, psychologiquement on est dans la fébrilité du fantasme. On décolle complètement de la réalité et il n'y a plus le bon sens qui veut que l'on s'en tienne aux faits. Ce que je craints, ce sont les bouffées délirantes autour de tout cela. Remarquez, ce n'est pas nouveau. Avec l'eschatologie chrétienne en Occident, l'Apocalypse de Jean, nous avons été depuis des siècles incité à la surexcitation émotionnelle autour de la fin du monde. Cela ressort plus facilement chez les esprits imprégnés de christianisme qu'ailleurs.

 

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Avec la participation d'Olivier Rossi, Maurice Champion, Jean Marichez, Binuize Delaballe, Gislain H.


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