Questions et réponses sur la leçon :
Raison et religion


Laurie Lux
Pourquoi est-ce dénigrer la religion que de la considérer, comme en ce qui concerne le bouddhisme, comme une manière de penser?

Julien Deprat
C'est l'homme qui crée Dieu à son image.

Fanny Linet
Dieu ne peut pas être chrétien, c'est l'homme qui invente Dieu selon sa croyance.

El Ouazzani Othman
Intéressante analyse, je vous en remercie. Elle illumine la voie vers cette recherche de spiritualité au delà des dogmes religieux. Mais quel est l'aboutissement de cette quête spirituelle si c'est de reconnaître l'immensité de l'univers et l'insignifiance de l'Homme dans celui-ci. La Science invoque un univers in-créé (Stephen Hawking, The Grand Design), émanant de lui même, la raison a du mal à y croire, pourtant toutes les cosmogonies ont un dieu incréé qui lui même fait acte de création. Comment concilier les idées à ce niveau?

Dans le Coran, le terme « dîn », équivalent à celui de religion, désigne avant tout les « prescriptions de Dieu » pour une communauté.

Pierre Jouenne
       Je suis arrivé sur votre site suite à une recherche en philo. Je l'ai trouvé très intéressant et ouvert. J'aurais une question par rapport à la religion. Que pensez-vous de la religion catholique? Je me pose pas mal de questions, et d'après ce que j'ai déjà lu, j'ai trouvé vos propos très proches de l'enseignement biblique.

         Celui-ci demande en effet une très grande humilité : "Les rois des nations païennes leur commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, le plus grand d'entre vous doit prendre la place du plus jeune, et celui qui commande, la place de celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N'est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert." (Paroles de Jésus dans la Passion selon Saint Luc).

          Ce que j'aime également, c'est que cette religion n'est pas du tout "morale" dans le sens que voulait condamner Nietzche : c'est parce que Jésus nous donne son Salut en surabondance que nous pouvons appliquer son enseignement d'Amour. J'explique le raisonnement donné : Dieu m'aime tellement qu'il m'a livré Son Fils pour que, si je crois en lui, je ne connaisse pas l'enfer auquel je suis voué ; je ne mérite rien ; simplement pour lui témoigner ma reconnaissance, je vais m'appliquer à me détourner de mes erreurs, de mes manques d'ouverture aux autres, à leurs différences, à l'Amour dont Dieu veut me combler ; je connais ma faiblesse, je n'ai rien à revendiquer, tout est grâce, je ne vais donc surtout pas faire la morale aux autres dans le but d'affirmer mon autorité, ma raison ; je connais ma faiblesse, je sais que Dieu me sauve si je Lui fais confiance, je vais donc Lui demander de l'aide pour retrouver ma liberté, celle de pouvoir choisir en pleine connaissance de cause le bien ou le mal, sans être dirigé uniquement par mes instincts, passions ; je connais ma faiblesse, je sais que je n'ai pas raison parce que je ne suis qu'un faible humain et je sais que chacun a le droit de croire que j'ai tort, je sais que je dois sans cesse me remettre en question.

         Sur la question de la liberté, Dieu, dans son Amour Infini, n'a pas voulu conduire l'homme à pécher, mais a voulu lui permettre d'aimer gratuitement, librement. Il a voulu donner à l'homme la liberté de faire le bien. Par rapport à l'ouverture d'esprit, y a-t-il meilleur exemple que le Christ, qui accueillait chacun des hommes qui voulaient aimer, comme la prostituée Marie Magdelaine, le collecteur d'impôts, les païens (en opposition aux Juifs), et qui condamnait la rigidité orgueilleuse des pharisiens qui imposaient à tous une loi qu'ils ne pouvaient eux-mêmes appliquer ?

       Voilà quelques petites réflexions. Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ? Bien entendu, en tant que simple étudiant en recherche, je suis ouvert à tous les points de vue me permettant de toujours avancer dans la compréhension de ces grands mystères : qui est Dieu ? qu'est-ce que la Vérité ?

R. Vous ne mentionnez pas exactement quelle leçon vous avez lu. Vous proposez une interprétation très personnelle, une éthique empruntée au christianisme qui met de côté le moralisme et vise un contenu plus spirituel, ce qui est en accord avec les leçons du site. Il n'empêche que la distinction entre la religion statique (comme dirait Bergson) et son histoire parfois terrible, à portée moralisante et l'essence spirituelle de la religion (la religion dynamique pour Bergson) n'est pas facile. Il est vrai que mettre l'accent sur l'humilité est certainement une manière de revenir à la dimension spirituelle.

Pierre Renaud
Q. Tagore répond à la question de croire en Dieu comme s'il s'agissait de croire à Dieu. Croire en Dieu signifie la confiance en Dieu, ce qui est la confiance à l'état pur et non la confiance en quoi que ce soit. Croire en Dieu c'est aussi déposer mes croyances en Dieu et en particulier les croyances provenant de ma tradition religieuse si j'en ai une. Il est de bon ton aujourd'hui de mépriser les croyances religieuses mais ce n'est que faire l'aveu de la petitesse de ma compréhension.

 

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Avec la participation de Laurie Lux, Julien Deprat, Fanny Linet, El Ouazzani Othman, Pierre Jouenne.


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