Textes philosophiques

Husserl     le corps propre pour le sujet solipsiste


    Si nous cherchons maintenant à caractériser, dans un bref résumé, la manière dont le corps propre se constitue pour le sujet solipsiste, nous trouvons alors que :

     1° Vu du dedans, - dans une attitude intérieure – il apparaît en tant qu’organe qui se meut librement (ou encore un système de tels organes), au moyen duquel le sujet fait l’expérience du monde extérieur ; et, en outre, en tant que support des sensations et, grâce à leur entrelacement avec tout le reste de la vie de l'âme, en tant que formant avec l'âme une unité concrète.

     2° Considéré du « dehors » - dans une « attitude extérieure » - il existe en tant qu'une réalité d'un type propre ; à savoir, d'une part en tant qu'une chose matérielle ayant des modes d'apparition particuliers, « insérée » entre le reste du monde matériel et la sphère « subjective » (le sujet, y compris ce qui a été mentionné au 1°) en tant que centre autour duquel se groupe le reste du monde spatial ; d'autre part, en tant qu'il se trouve dans des rapports de causalité avec le monde extérieur réal, mais en même temps en tant que - moment du basculement » dans lequel les rapports de causalité se transforment en rapports de conditionalité entre le monde extérieur et le sujet psychique-somatique et, en vertu de cela, en tant que partie intrinsèque de ce sujet et de ses propriétés somatiques spécifiques et, partant, des propriétés psychiques qui leur sont liées. Ce qui est constitué dans l'attitude intérieure se trouve là conjointement : en co-présence.

      Mais, dans l'expérience solipsiste, nous ne parvenons pas à la donnée de nous-même en tant qu'une chose spatiale comme toutes la autres (une donnée qui, cependant, existe manifestement dans antre expérience factuelle) et nous ne parvenons pas non plus à l'objet naturel « homme » (ou être animal) que nous avions appris à connaître en tant que corrélat de l'« attitude naturaliste » : en tant qu’une chose matérielle sur laquelle sont édifiées les couches plus élevées de l’animalité spécifique.»

Recherches phénoménologiques pour la constitution,  p. 226-227.

Indications de lecture:

     Cf. M. Merleau-Ponty. Voir la leçon L'espace de la conscience.


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