Textes philosophiques

Sénèque     la colère est un mauvais serviteur


     “La colère, dit Aristote, est nécessaire ; on ne peut sans elle venir à bout de rien ; il faut qu’elle remplisse l’âme et enflamme les coeurs ; on doit l’utiliser non comme chef, mais comme soldat.“ C’est faux ; si elle écoute la raison et va où elle est conduite, ce n’est déjà plus la colère, qui est rebelle par essence ; si elle regimbe et ne s’apaise pas quand elle en reçoit l’ordre, si elle continue à marcher suivant ses caprices et sa fougue, c’est un aussi mauvais serviteur de l’âme qu’un soldat qui ne tient pas compte du signal de la retraite. Donc si elle se laisse modérer, il faut lui donner un autre nom, elle cesse d’être la colère, que je conçois effrénée et indomptable ; si elle n’y consent pas, elle est funeste ou elle est inutile. Car si quelqu’un inflige un châtiment sans être avide de l’infliger, mais parce qu’il le faut, il n’y a pas lieu de le mettre au nombre des gens irrités. Le bon soldat obéit aux plans du chef ; les passions s’entendent aussi mal à obéir qu’à commander. »

De la Colère, I, IX, 2-3

    Indications de lecture:

cf. voir le passage plus long suivant. Leçon sur la colère.


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