Textes philosophiques

Jean-Yves Clouzet    le langage du marketing


"Une stratégie de marque, bien positionnée, transforme l'espoir de vente en proposition d'achat, lequel se réalise par la communication, lorsque l'émetteur atteint sa cible, qui capte le message publicitaire transmis par les médias. La vente réalise un profit, tout en satisfaisant, dit-on, un besoin et une demande. "Même si la marque est devenue culte pour la majorité des ados, ces derniers ne sont pas toujours passés à l'acte d'achat. Il devenait donc nécessaire de renouveler la communication et d'introduire le bénéfice consommateur au creux du message publicitaire". Les jeunes gens sont considérés, en effet, comme des coeurs de cibles, prescripteurs et surconsommateurs. Il faut les faire adhérer, en trouvant le concept fédérateur qui les uniformise.

L'acheteur se voit donc catalogué en tant que consommateur. Il ne suffit pas d'acheter, il faut consommer son achat, pour racheter. Cela explique la pression publicitaire et les flottements dans la qualité. Quant à la marchandise, on la qualifie de produit. Un filet de boeuf, une gentilhommière à vendre sont des produits. Un fragment biologique d'origine humaine aussi. C'est la signature de l'ère industrielle et de la logique financière. Celles-ci utilisent également des méthodes psychologiques pour asseoir leur pouvoir interne: analyse transactionnelle, management participatif, cognitivisme, coaching... Ces techniques directives, issues du libéralisme matérialiste s'opposent à celles du libéralisme subjectiviste et, en variante totalitaire, organisent l'adaptation, la soumission de l'homme à la société mercantile, suivant des vues proches du béhaviourisme pavlovien".

La Guerre des Mots, Editions de Paris, p. 52-53.

Indications de lecture:

Cf. Leçon la subversion du langage.


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