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L'idée de Nature - Serge Carfantan
 
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Leçon 19.   L’idée de Nature        

    La représentation que l’homme se donne de la Nature (texte) détermine la relation qu’il noue avec elle. Curieusement, nous pensons le naturel et la Nature par des voies différentes. Le naturel, c’est ce qui est encore à l’état « sauvage », ce qui n’est pas encore domestiqué par la culture. Cela peut-être aussi l’animalité en l’homme et si la nature en l’homme est le siège de l’animalité et de l’instinct, il faut alors d’évidence la résorber.

    Or, la Nature, c’est aussi le cosmos, c’est la totalité que forment ensemble les être vivants. C’est une chose toute différente de la percevoir comme un système d’équilibre qui permet la promotion de la vie, que de penser le naturel à partir de l’instinctif. Et c’est encore une idée différente que nous procure la science depuis Descartes en nous invitant à découvrir dans la Nature les rouages d’une machinerie cosmique aveugle, sans intelligence, mais régie seulement par les lois que la science découvre.

    Qu’est ce que la Nature ? Est-il seulement possible de concilier de quelque manière les points de vue si distincts et si opposés que nous avons sur elle ? C’est presque comme si, à l'égard de la représentation de la Nature,  le quiproquo était constant,  que l’on avait toujours à l’esprit des idées différentes quand on parle de la Nature.

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A. Le grand vivant éternel

    Le mot nature se prend en deux sens principaux, à savoir son sens individualisé et son sens cosmologique.

    1) Que veut-on dire tout d’abord quand on parle de nature d’une chose ? On entend par là le principe qui lui est inné, qui fait que la chose est ce qu’elle est. Nous disons qu’il est dans la nature du feu de brûler, de l’eau de mouiller. Sans cette qualité, le feu ne serait pas le feu, et l’eau ne serait pas l’eau. Sur le plan inerte, il y a déjà une nature et elle désigne les propriétés propres à une substance. Ces propriétés ne sont pas interchangeables. Si le lait peut-être transformé en fromage, l’argile en pot, on ne peut pas voir le lait se transformer en pot de terre ni la terre faire du fromage ! Chaque chose possède donc, en fonction de sa nature, un devenir qui lui appartient en propre et qui n’est pas le devenir d’une autre chose qui posséderait une nature différente. La nature, comme le montre Aristote, est donc logiquement de ce point de vue déjà un sujet doté d’attributs. (texte) Cf. Physique.

   Mais il y a plus. La nature d’une chose peut aussi désigner la nature d’une chose vivante. Ce que nous venons de dire doit alors être complété. Il est dans la nature du bouton de rose de devenir la rose. Il est dans la nature de la fleur de devenir le fruit. La fleur du pommier donne le fruit, le fruit qu’est la pomme qui chute à terre peut pourrir et le pépin devenir à nouveau le pommier etc. Quand nous disons qu’il est dans la nature de la fleur de devenir le fruit, nous sous-entendons l’idée d’un principe vital qui anime la plante pour la faire devenir ce qu’elle doit être. La nature de la graine est le principe de sa croissance et de son évolution ultérieure, dans un processus séquentiel de développement où rien n’est laissé entièrement au hasard. Elle devient germe, tige, branche, feuille arbre etc. Puis, cette nature s’involue à nouveau dans la graine et le cycle recommence. La graine est le siège de virtualités innées qui se déploient dans le temps et ces virtualités sont sa nature. (texte)

    Il nous arrive aussi de parler de la nature de Pierre et de Paul. Nous disons que l’un a peut-être une nature artiste, que l’autre a une nature très active, qu’un troisième a une nature mélancolique. En parlant de la sorte, nous caractérisons surtout le tempérament de l’un ou de l’autre. Nous raisonnons avec l’idée selon laquelle on ne peut changer radicalement les dispositions naturelles de quelqu’un de sorte qu’il y a toujours un fond de "nature" qui caractérise chacun en propre. Nous raisonnons avec l’idée qu’il y a principe stable constitutif des qualités de Pierre ou de Paul et qui le fait devenir ce qu’il est.

    --------------- principe stable qui travaille une chose de l’intérieur pour la faire devenir conformément à sa nature, que celle-ci soit inerte, vivante ou même pensante. C’est exactement ce point de vue que l’on rencontre dans le système d’Aristote.

    2) Mais le mot Nature peut aussi être envisagé sur un plan plus général, c’est la Nature comme cosmos. Du principe intérieur, la Nature devient un principe extérieur, l’espace cohérent qui donne à chaque chose le lieu qui lui revient. La Nature est l’ensemble des choses qui existent dans un ordre précis, un Cosmos et non pas dans un chaos inorganisé. (texte) C’est cet ordre de la Nature qui donne la flore et la faune d’une région donnée, l’unité et la diversité des espèces. C’est aussi cet ordre qui impose les rythmes naturels, le rythme des saisons, celui de la reproduction, de l’équilibre entre toutes les espèces vivantes. C’est lui qui fait que chaque espèce vivante possède son milieu propre par lequel et dans lequel elle peut prospérer. Par notre régime alimentaire, par les cycles du sommeil, par nos besoins élémentaires nous sommes, que nous le voulions ou non, soumis à la Nature. Nos traditions elles-mêmes ont un enracinement dans les conditions géographique et climatiques de notre pays. C'est ce type de représentation de la Nature que nous retrouvons dans toutes nos références écologiques. Sans elle, l’idée de vivre en accord avec la Nature n’aurait guère de sens. On ne peut concevoir de vie en accord avec la Nature que si la Nature contient déjà un certain ordre que la sagesse nous invite à respecter et cet ordre n’est pas seulement une prescription individuelle, mais concerne aussi la totalité ...

    ... à notre insu dans une représentation de la Nature qui a pris une forme historique précise dans philosophie d’Aristote, mais que l'on retrouve aussi dans d'autres traditions. En grec la Nature est fusis, c’est à dire à la fois l’idée du principe conduisant le développement d’un être vivant et l’ensemble des choses présentant un ordre tou pantos fusis. Le mot fusis vient du verbe fuein qui signifie croître. La fusis conduit donc toutes choses de l’intérieur, comme elle ordonne aussi l’Univers. Elle fait en sorte que se réalisent des modèles (celui de la marguerite, comme de l’écureuil) ou des types parfaits. La plante tend vers sa fin qui est le fruit comme vers son accomplissement, sa perfection propre. D’un autre côté, la Nature forme un tout harmonieux qui soutient et promeut la vie, un tout qui conspire vers le Bien.

    Est-ce à dire pourtant que dans la Nature rien ne soit artificiel ? Comment marquer la différence entre les choses naturelles et les objets artificiels ? L’animal, la plante, les éléments tels que l’Eau, la Terre, le Feu, l’Air, existent par nature. Cela signifie qu’ils possèdent en eux-mêmes le mouvement et la fixité. Ce n’est certes pas l’homme qui fait l’érosion de la montagne, qui fait que la pluie s’écoule etc. Tout change et se modifie sans cesse et de manière naturelle. Aussi est-il tout à fait juste d’assigner à chaque chose le lieu qui lui est propre. Le centre de la Terre est le lieu vers lequel tendent les corps lourds. Le feu lui monte vers le haut. La fougère pousse dans les sous-bois. Le coquelicot aime le soleil. Par contre ce n’est pas la nature qui fait apparaître le lit ou bien le manteau. Si j’enfouis dans la terre un lit, il ne va pas se développer pour donner comme fruit des lits ! Le devenir de l’objet artificiel est le devenir de ses composants naturels et pas de son tout en tant qu’objet. Le bois du lit va pourrir et il sera mangé par les vers, comme la branche qui pourrit dans la forêt. L’objet retourne donc à la Nature, dont le travail humain l’avait extrait. L’homme trouve ainsi dans la Nature un ensemble de matériaux. Il leur prête une série de transformations qui donnent l’objet artificiel. Il faut ensuite tout le soin et l’entretien de l’homme pour empêcher que les composés ne retournent peu à peu à la nature. La plus belle des statues, laissée dans un jardin, se dégrade pour se ramener à de la pierre usée par les éléments. Nous comprenons donc pourquoi Aristote donne cette définition : « la Nature est un principe et une cause de mouvement et de repos pour la chose en laquelle elle réside immédiatement ». La présence de la Nature dans la chose n’est pas accidentelle, tout objet porte en lui le dynamisme de la Nature. Ainsi, puisque tout change et même tout change toujours, tout change en vertu de la Nature.

    La Nature réside dans toute chose et elle imprime n chaque objet son changement d’une manière nécessaire. Nous comprenons le changement  dans la Nature en faisant intervenir la causalité. La compréhension de la causalité s'inscrit dans le cadre d'un modèle explicatif, un paradigme.

    Le finalisme est un paradigme dans lequel la causalité est complexe et enveloppe l'idée que la Nature est orientée par des fins. (R)

    Dans le système d'Aristote, la Nature est cause de quatre manières différentes. (texte) Elle est :

    a) cause matérielle, comme ce dans quoi est fait la chose : le bois, la pierre, l’airain.

    b) cause formelle qui donne à la chose sa structure, elle est l’idée exemplaire, qui par exemple fait que la tourterelle est conforme à l’idée de son espèce. Dans sa production, la Nature n’a pas de caprice, elle suit toujours les même lois avec régularité. Il arrive pourtant que dans le domaine du vivant, la matière est cependant parfois rebelle à l’action de la forme, rebelle à la puissance d’opération de la Nature. Cela donne les monstres biologiques, créatures qui ne sont pas à la hauteur de l’Idée de leur espèce (l’étoile de mer avec un bras en plus par exemple). Il y a possibilité de hasard et d’échec dans le travail de la Nature. Pourtant, elle est bien la puissance (R) qui fait changer et se mouvoir.

    c) cause motrice ou le moteur de la chose naturelle, ce qui modifie la réalité. Même si il y a parfois des irrégularités. La Nature parvient à ses fins et produit des créations harmonieuses.

    d) cause finale, (R) qui désigne le terme de la production.

    Globalement, la Nature se présente donc, sous ce regard de naturaliste herborisant dans la forêt, dans une vision toute contemplative, comme une sorte de grand vivant éternel, expression que l’on retrouve chez les stoïciens et qui est une sorte de fond commun de la pensée traditionnelle.

B. La machinerie cosmique

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    ---------------1) Considérons par exemple le phénomène par lequel des brins de paille sont attirés par un morceau d’ambre que l’on a frotté. Nous parlons aujourd’hui d’un phénomène dû à l’électricité statique pour en donner une explication rationnelle. Nous cherchons des causes et posons des lois, pour rendre compte des phénomènes naturels. Dans l’esprit des hommes du moyen âge l’interprétation des phénomènes naturels était animiste, elle invoquait l’action « d’esprits », de « forces » pour former des interprétations très confuses. Un alchimiste dira que « l’ambre est une fontaine et que la paille veut boire ». La motivation - empruntée au comportement humain - de la soif qui le pousse à chercher de l’eau, est surimposée à un phénomène naturel. On raisonne comme s’il y avait dans la Nature des intentions, à l’image des intentions humaines, et un agencement de moyens pour les réaliser. La paille se dirige vers l’ambre parce qu’elle « veut » boire. L’ambre a une « fonction » qui répond aux besoins de l’ambre. Cela prête à sourire. Cela ressemble à des explications d’enfant. Pour l’enfant, la branche est « méchante » parce qu’il s’y est cogné. Lui aussi prête à la Nature des intentions, bienveillante ou malveillante. Nous, hommes du XXième siècle, nous ne pouvons plus regarder la Nature de cette façon. (texte)

    Au XVIIème siècle Descartes lui-même, très conscient du caractère obscur du savoir de son temps, de la vision de la Nature de son époque, prend-il la résolution de proscrire l’étude des causes finales de la physique. Derrière un phénomène, il faut chercher des causes, mais des causes qui ne relèvent pas de l’anthropomorphisme, c’est à dire la tendance à considérer la Nature à l’image d’un être humain. C’est par exemple ce genre de naïveté qui fait dire à Bernardin de Saint Pierre que si les melons possèdent des lignes à leur surface, c’est que la Nature a prévu que les hommes les coupent en quartier ! Le procès des formes les délirantes du finalisme est une constante dans les écrits du XVIIIème siècle, comme par exemple dans l’Ethique de Spinoza. (texte)

    Par contrecoup, cette critique de l’anthropomorphisme nous ramène à un autre modèle qui est celui de l’interprétation mécaniste de la Nature. Descartes se sert du modèle des marionnettes de Vaucanson. Voilà d’ingénieux dispositifs qui ont toute l’apparence d’êtres vivants, sans être des êtres vivants ! Or l’automate peut s’expliquer entièrement en recourant au concept de mécanisme et d’assemblage de mécanismes. Tout s’explique en lui par ressorts, engrenages, roues et poulies : par la liaison de causes et d’effets. Pour rendre compte de l’animal, le finalisme invoquait sa « nature », on disait qu’il était doué d’un « principe vital » ou d’une « âme ». On peut tout aussi bien le considérer comme une machine complexe. De même, pourquoi ne pas voir les phénomènes naturels comme des mécanismes complexes ? Cela permettrait de faire l’économie de principes obscurs pour la science tel que la « nature » du feu, « l’âme » du chien, ou le « principe vital » présent dans l’abeille. Il suffit de réserver cette notion de principe immanent à l’âme, et à un être dont nous ne pouvons pas mettre en doute la conscience, l’homme. Dès lors, il semble justifié de regarder l’ensemble de la Nature comme une vaste machinerie cosmique mue seulement par des processus mécaniques. Considérons donc que seul l’homme possède un principe immanent, des fins et une volonté, la Nature elle, n’a ni principe immanent, ni fin, ni volonté. Il faut substituer à l’obscure physique des qualités, la physique des quantités, la physique de la mesure. Au lieu de dire qu’une horloge fonctionne en vertu de sa « qualité horodictique », on dira qu’elle est un mécanisme capable de produire un mouvement continu permettant de mesurer le temps. La pierre qui tombe, ne tombe pas parce qu’elle cherche à « rejoindre » son « lieu », elle se meut sous l’impulsions de causes mécaniques, conformément aux lois de la physique. Descartes est de plus ce mathématicien de génie qui a vu qu’il était possible d’appliquer l’algèbre à la physique. Pour la première fois, avec l’approche objective de la connaissance, le souci de la mesure est devenu la composante fondamentale de la représentation humaine. Un phénomène ne pourra entrer dans le champ du savoir que s'il est mesurable. Les mathématiques seront désormais le seul langage capable de nous permettre de lire le grand livre du Monde : la Nature est écrite en langage mathématique  explique Descartes. La notion de cause prend alors un sens plus réduit que précédemment. L’explication mécaniste ne retient que la cause motrice, elle élimine la cause formelle et la cause finale. Elle ne voit ...

    Le mécanisme est un paradigme dans lequel la causalité ne fait que suivre l’ordre de succession temporelle. La causalité n’est pas active en tant que fin à atteindre comme dans le finalisme, comme un but. Si dans ce contexte on invoque des « lois de la Nature », ce n’est certainement pas pour dire que la Nature est « prévoyante », qu’elle a ses règles qui sont « sages ». Les lois de la Nature n’indiquent qu’une constance, celle d’une causalité efficiente réglée de manière infrangible, nécessaire. L’univers mécaniste s’appuie sur l’hypothèse du déterminisme, hypothèse qui exclut toute détermination par des fins. Une loi physique est la formalisation mathématique d’une relation constante à l’intérieur d’un phénomène strictement déterminé.

    2) Nous voici donc devant une représentation de la Nature totalement différente de celle de la pensée traditionnelle. Selon A. Koyré, ce n’est plus le Monde clos de la pensée traditionnelle, elle est l’Univers infini. Devant un Monde clos, ordonné par une divinité immanente, on ne peut manquer d’avoir un sentiment d’admiration : tant de prodigieuse sagesse et de créativité sans borne ne peut que nous étonner et nous émerveiller.  

    La Nature d’Aristote était créatrice, celle de Descartes et de Pascal est seulement créée. Le christianisme vient appuyer de ses fondements théologiques la nouvelle représentation de la Nature : la Nature a été abandonnée par Dieu après la création. Le Créateur n’a fait que lui imprimer son premier mouvement, pour la laisser ensuite à elle-même. Elle est suspendue au dessus du vide et elle menace de retomber dans le néant. Les théologiens répètent, comme Malebranche, que « la nature est maudite », il est donc tentant des les suivre et de considérer que la Nature n’est après tout, qu’un objet entre les mains de l’homme, objet qui lui a été donné afin qu’il la transforme « à la sueur de son front ». (document)

    Dans le Discours de la Méthode Descartes prononce une formule inouïe, tant elle est prophétique : « l’homme doit devenir comme maître et possesseur de la Nature ». Pour quelle raison ? Afin qu’il puisse tirer de la maîtrise technique de la Nature un plus grand confort dans sa vie ici-bas. Connaître les mécanismes naturels veut dire en effet connaître les causes sur lesquelles il est possible d’agir, ce qui signifie pouvoir reproduire les phénomènes naturels. Quand on sait reproduire un phénomène, on en possède la maîtrise. Certes, Descartes restait modéré, il disait "comme" maître et possesseur, entendant par là que l’homme ne pouvait pas s’ériger en monarque de la Nature : il n’y a qu’un maître et possesseur de la Nature c’est Dieu. Mais cette caution a disparue chez les modernes. Nous sommes aujourd’hui devenus effectivement maîtres et possesseurs de la Nature. Or, c’est justement cette relation à la Nature qui maintenant nous effraye. L’enthousiasme vis à vis du projet techniciste, le mythe du progrès qui enflamme le XVIIIème siècle a duré un temps seulement. Dans la vision de Pascal, la Nature semble effrayante parce qu’elle est une abîme de vide sans limite, parce qu’elle nous met dans un face à face où elle reste muette. Mais la puissance humaine est encore plus effrayante, parce qu’elle a tellement réussi à « humaniser la Nature » (texte) qu’elle a aussi engendré des processus de destruction qui se retournent contre l’homme. L’homme semble terriblement seul et étranger à la Nature., mais sa volonté de puissance a été libérée.

    Nous sommes loin du sentiment de la Nature que pouvait partager un grec. (document) Nous sommes aussi loin de la connaissance contemplative et désintéressée des grecs. Nous sommes aux temps d’un savoir scientifique, qui vise le pouvoir technique, nous sommes dans l’être de l’exploitation de la Nature, dont le principal impératif est le souci économique de l’efficacité et du rendement.

    ...donc du tout au tout. Elle se dépose dans notre vocabulaire actuel sous plusieurs formes. Étrange renversement : la Nature perd ce qui était son dynamisme chez les grecs. Elle n’est plus définie que comme « l’ensemble de choses matérielles ». Est appelé un phénomène naturel « tout ce qui se produit dans l’univers sans calcul ni réflexion ». Le mot naturel dans notre langage moderne ne veut plus dire vivant, il signifie surtout inculte, et donc brut, sauvage, ou inerte ! Un champ qui est laissé dans son « état naturel » est interprété comme n’étant pas encore cultivé. Du même coup le « naturel » est aussi compris comme ce qui est « sauvage », ce qui n’est pas civilisé, ce qui reste primitif. Dans la même logique, l’étage du naturel en l’homme signifie ce qui est biologique en l’homme, l’animal donc, plutôt que l’humain qui est lui dit « culturel ». Un fossé apparaît nettement dans la représentation moderne entre l’homme et la Nature, fossé qui va donner naissance à une problématique : l’opposition nature/culture.

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C. Retrouver la Nature

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Questions:

1. "Le lait peut devenir du caillé et faire du fromage, par l'eau", traduit autrement comment pourrait-on formuler cette assertion?

2. "C'est une illusion de croire que l'on pourra arriver changer quelqu'un d'autre", traduit autrement comment pourrait-on formuler cette assertion?

3. Quelle est représentation du temps implicite dans le finalisme?

4. Quelle représentation du temps est implicite dans le mécanisme?

5. Quelles sont les implications philosophique que l'on peut tirer du paradigme de l'univers conçu comme une grande horloge?

6. Par rapport au modèle mécaniste, quel est l'apport fondamental de la vision systémique?

7. La dénaturation de la vie humaine est-elle le sous-produit d'une culture ou bien le résultat d'un déséquilibre écologique dû à la technique ?

Vos commentaires

   © Philosophie et spiritualité, 2002, Serge Carfantan. 
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