Leçon 185.    Introduction à l’écologie         

    Au XIX ème siècle, Auguste Comte plaçait la sociologie au sommet des sciences car elle devait intégrer le contenu de la physique, de la biologie, de la chimie etc. et la complexité du savoir devait s’achever dans l’humain. Dans le même mouvement, l’économie politique se développant, devait intégrer aussi des notions tirées de la physique, de la biologie, de la psychologie, avec le même présupposé d’un savoir qui s’achevait dans l’humain. Comme si l’humanité ne faisait pas elle-même partie d’un tout plus élevé, celui de la Nature. De fait, la sociologie et l’économie classiques ignorent complètement ce qui, au-delà de l’humain, constitue le berceau de l’humanité, la Terre elle-même. Les sociologues de la première heure étaient incapables de comprendre l’idée d’interaction au sein d’un tout au-delà de l’entité abstraite et fictive de « l’État ».  Nous l’avons vu, les économistes classiques raisonnent comme si la Terre disposait de ressources illimitées, de sorte que l’économie est seulement comprise comme une gestion « sociale » des richesses.

    Nous savons aujourd’hui que le paradigme de la science élaboré à la modernité et qui s’est prolongé dans le positivisme est gravement entaché d’erreurs et complètement obsolète. La discipline qui le démontre le plus clairement est l’écologie. Il est intéressant de noter que le terme « éco » venu du grec oikos  désigne la maison. L’économie est la science de la gestion des besoins de la maison commune dans laquelle vivent des êtres humains, mais cette maison est elle-même installée dans un environnement, dont la science est appelée écologie. La maison de l’homme se situe dans un paysage qui constitue aussi une maison, celle de la Terre en tant que tout, le vaisseau Terre qui est lui-même partie de la totalité de l’Univers.

    L’écologie, parce qu’elle considère le fonctionnement des écosystèmes au sein de la Terre a logiquement pour vocation de prendre la place qu’occupait la sociologie dans la classification des sciences, car elle enveloppe l’ensemble des sciences existantes. C’est en elle que les sciences devraient être unifiées. Mais autour de quels principes ? Qu’est-ce que l’écologie ? En quel sens devons-nous voir dans l’écologie une science ? L’écologie ne peut pas être une discipline et plus, une science à côté des autres. Comme Barrington Moore le disait,  elle est une synthèse qui « coiffe les autres sciences ». Mais ce caractère englobant ne fait-il pas de l’écologie plus une philosophie qu’une science ? Ou bien, n’est-ce pas l’idée même que nous nous faisons de la science qui doit être métamorphosée à la lumière de ce que l’écologie nous découvre ?

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Questions:

1. Que répondre à celui qui dirait : "l'écologie, c'est rien d'autre qu'une religion comme une autre"?

2. Comment formuler le lien logique entre écologie et développement durable ?

3. Quelles justification le relativisme culturel peut-il tirer de l'écologie?

4. Pourquoi la théorie de la décroissance peut-elle légitimement se réclamer de principes écologiques?

5. Qu'est-ce que la compréhension de l'écologie modifie dans l'idée même de responsabilité?

6. Faut-il reprocher à l'écologie d'être alarmiste?

7. Sans la critique de la société de consommation et de la technique, l'écologie a-t-elle encore un sens?

 

Vos commentaires

     © Philosophie et spiritualité, 2009, Serge Carfantan,
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