Leçon 183.    Sur le pardon       

    Cela ne se discute pas ! Le pardon, c’est relationnel ! On ne pardonne qu’à quelqu’un d’autre. Dans la politesse, à la personne que l’on risque de bousculer dans le couloir. « pardon ! » Mais surtout, et c’est tout à fait différent, à celui ou celle qui nous a « fait du mal », qui nous a blessé, d’un malheur dans notre existence qu’il est impossible d’oublier. Le mot pardon évoque un conflit, une somme de souffrances que chacun garde par devers soi et qui produisent les accusations, les rancœurs sourdes qui se ravivent dans la colère, la haine, ou restent à couvert dans le poison du ressentiment. Il n’est pas facile de s’en défaire, tant elles finissent par composer notre identité et former l’essentiel de notre histoire personnelle. On se dit, du bout des lèvres, qu’il serait peut être possible « un jour », de faire un petit pas pour que la souffrance soit « acceptée », lorsqu’il sera possible de pardonner à celui qui en a été est la cause. Mais on entretient le jugement. La formule « je ne lui ai jamais pardonné !... » est un vrai cadenas psychologique et il peut rester fermé pendant vingt, trente, quarante, cinquante ans. Sans que nous desserrions les dents. C’est la serrure du « Non ! … Non !.. Non… ! » de l’inacceptable, de l’intolérable, de ce qui n’aurais jamais dû exister.

    Mais le pardon est-il seulement relationnel ? Il existe une dimension cachée du pardon qui se situe dans le rapport à soi. A la limite, il est même plus facile de pardonner à un autre qu’à soi-même. Chez la plupart d’entre nous demeure enfouie sous la forme de  croyance inconsciente  un sentiment profond d’indignité qui fait que nous ne nous accordons jamais de pardon devant nous-même. Le jugement assassin nous rend méprisable à nos propres yeux… impardonnable.  Définitivement coupable d’avoir fait ce que nous avons fait ou pire, coupable d’être ce que nous sommes, comme si notre existence en elle-même était impardonnable. (texte)

    Le pardon s’adresse-t-il en définitive seulement à celui qui nous a offensé ? Le fait de pardonner est-il une forme de résignation à l’égard du passé ? Peut-on aller jusqu’à dire que le fait de pardonner à soi-même est-il un préalable pour pouvoir pardonner à quelqu’un d’autre ? L’acte du pardon est-il un effort héroïque de la volonté pour contrecarrer… la vengeance ? Le pardon résulte-t-il de la compréhension ou d’un saut dans la confiance ?

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A. De la permanence du ressentiment au pardon

    Nous avons vu l’importance des concepts duels et la nécessité de toujours les prendre ensemble, ici la formulation la plus radicale serait vengeance/pardon. La vengeance est une réaction émotionnelle qui consiste, à la suite d’une offense, à suivre la colère pour entrer dans le combat pour rendre le mal pour le mal. Il y a même des traditions sordides dans certains pays : la mort causée  un membre de la famille devra être rendue par un meurtre un jour où l’autre, même si c’est plusieurs générations après. Le pardon, à la suite d’une offense, consiste à renoncer à la réaction violente pour appliquer sur l’offense le baume de l’acceptation.

     1) Vengeance/pardon sont des réponses et ne peuvent pas apparaître à partir de rien. De la même manière, nous l’avons vu, une déception n’existe pas sans qu’en amont il y ait une attente. Au point de départ, il doit y avoir le couperet du jugement de reproche d’une faute morale grave. L’accusation de faute que rien ne peut équilibrer engendre la rancune. La rancune maintenue dans la durée devient ressentiment. Le ressentiment en se manifestant produit l’explosion émotionnelle de la haine et la haine conduit tout droit à la vengeance.

    De manière caractéristique, nous disons dans le langage courant que nous pouvons fort bien excuser une erreur, mais qu’il est plus difficile de pardonner une faute. Les conséquences d’une erreur peuvent être dramatiques, mais nous acceptons qu’il ait pu y avoir une inattention et que celui qui a commis l’erreur l’ait faite de bonne foi. Ce n’est pas du tout le cas avec la faute, car celle-ci par définition présuppose un devoir-être. Le chauffeur de bus n’aurait jamais dû boire de l’alcool. Des enfants sont morts dans l’accident et pour leurs parents, cela peut être une faute impardonnable et la justice devra peser les torts.

    Celui qui se sent blessé, offensé, humilié, méprisé, dégradé, avili et traité en moins que rien est profondément atteint dans son amour propre et se sent réduit et diminué. Le schéma conditionnel ordinaire de l’ego dans ce genre de circonstances consiste à réagir contre toute diminution pour sentir à nouveau sa puissance. L’éclat de la vengeance a un grand pouvoir de séduction, car elle libère la volonté de puissance et procure une augmentation de la force en exprimant le ressentiment. Dans l’instant, l’ego y parvient en libérant sur le moment un éclat de colère. Dans la durée, il distille de noires pensées pour former le projet d’une vengeance future. La vengeance est nécessairement portée par le temps psychologique mis en place et entretenu par l’ego. Nous avons vu que l’ego a besoin de nourrir l’image du moi et il le fait en se racontant des histoires qui réassure son identité limitée. Qui est purement mentale. Le "sens de l'honneur" relève de l'image du moi. La vengeance exige, pour que soit évitée l’action du temps sous la forme de l’oubli, que la mémoire soit constamment réaffirmée. De manière caractéristique, l’ego va donc vivre avec une histoire qu’il se racontera en permanence, une histoire dans laquelle il a été blessé, offensé, humilié etc. voici dix, vingt, trente, quarante ans. Le feu doit couver et ne pas s’éteindre, d’où la nécessité pour la pensée de verser constamment une onction d’huile, le fiel du ressentiment. Pour ne surtout pas oublier. Pour ne surtout pas, au grand jamais, pardonner. Il ne peut s’autoriser à être un autre tant que l’affront n’aura pas été lavé. Tôt ou tard la vengeance viendra et elle devra exprimer l’équivalent de la charge émotionnelle de la première blessure. L’ego trouve dans ce processus une identité, une permanence, une définition. il se sent toujours le « même » moi qui a été un jour humilié (texte) et c’est justement en cherchant à rester le même qu’il peut s’affirmer pour ne jamais pardonner. Ce qui implique bien sûr une lutte constante pour maintenir le passé à l’identique contre toute velléité de changement, contre le changement lui-même. L’homme de la vengeance ne vit qu’au passé. Son identité s’est pétrifiée dans le ressentiment.

    ---------------La prosopopée de la vengeance donnerait à peu près ceci : « Il ne faut jamais oublier ! Il faut se rappeler sans cesse là où notre honneur a été bafoué. Non le passé ne s’en va pas ! Non, le passé, ce n’est pas rien ! On ne peut vivre ne homme qu’en nourrissant le passé et en lui offrant le culte qu’il mérite. L’honneur va à la tradition et il défend la fierté. Seuls les faibles manquent d’honneur. Les forts lavent l’affront par le sang et ils goûtent le prix de la vengeance. Que vaut le présent quand le passé a été souillé ? Le présent est nul et sans valeur, seul le passé est véridique… ». Et avec cette logique, vous pouvez fabriquer toutes sortes de discours du même acabit, des romans de cape et d’épée aux prêches exaltés des fanatiques, en passant par les règlements de comptes pour la gloriole ou l’omerta. (texte)

    2) Faut-il en marquer une distinction entre le ressentiment individuel et collectif ? Les peuples qui vivent avec l’histoire tragique des guerres, de l’humiliation d’un occupant, d’une oppression, peuvent aussi bannir le pardon et réactiver la vengeance quand les circonstances le permettent. C’est un constante de l’Histoire et de ses répétitions. L’ego collectif fonctionne de manière analogue à l’ego individuel, sauf que l’appui qu’il procure à l’individu dédouane chacun de sa responsabilité et de sa propre violence. « Nous devons venger la mémoire de nos ancêtres ». L’identité culturelle se nourrit des tragédies du passé et elle n’a aucun mal à forger une identité de victime. C’est ce qui fait l’ambiguïté de l’enseignement de l’histoire selon Paul Valéry. (texte) L’histoire est souvent utilisée comme une arme idéologique pour alimenter le ressentiment. Et c’est ainsi que l’on recommence une guerre pour ne pas avoir accepté la précédente défaite. C’est ainsi que perdurent indéfiniment l’insanité des veilles haines, des conflits de clan, des conflits ethniques, la rivalité immémoriale des peuples et des nations. S’il y à dans le passé la violence subie et le traumatisme, la mémoire blessée peut être sans cesse réactivée, comme une plaie saignante que l’on ouvre en permanence et que l’on empêche de guérir. Un peuple qui rumine sa vengeance  finit par la mettre en exécution. (cf. René Girard texte) Les exemples de l’Histoire sont nombreux. Il y a des terres, comme celle de la Palestine, où les guerres se sont succédées sans trêve depuis des siècles. Du temps du Christ il y avait déjà affrontement. S’il y avait bien un lieu sur terre où il fallait enseigner le pardon, c’était bien celui-là.

    Allons plus loin. L’homme du ressentiment, explique Nietzsche, en gardant par devers soi sa rancune, se maintient dans le « non ! », qui est tout l’opposé du « oui » intégral à la Vie. Tant qu’il y reste, il est dans la pure réaction, confiné dans une situation d’impuissance où il ne fait qu’accumuler de la frustration. La Force vraie, qui n’est pas la violence, consiste à surmonter cet état et à dépasser le désir de vengeance ; tandis que la faiblesse consiste bien au contraire à s’y soumettre jusqu’à la plus complète servitude. Une pensée qui devient esclave du ressentiment s’entretient elle-même dans une telle négativité qu’elle tourne à l’obsession. Le désir de vengeance devient une incantation, une mauvaise conscience, une torture qui ne laisse jamais l’âme en repos, et la pensée malade n’a alors de cesse que de se trouver en permanence des justifications pour relancer ses propres tourments. La pensée réactive l’émotionnel, l’émotionnel nourrit la pensée dans un cercle vicieux. Ce qui est terrible dans l’histoire de l’humanité, c’est que le ressentiment permet collectivement de se définir par rapport à un ennemi. L’ennemi est la cause de tout le mal et réciproquement, la victime s’attribue la totalité du bien, ce qui permet de se donner une supériorité. Une énorme amplification de l’ego. Ce que Nietzsche résume en disant que s’ils sont mauvais, c’est donc que nous sommes bons ! Bien entendu, c’est là une supériorité complètement imaginaire et une illusion, mais elle permet de se hisser sur le piédestal de celui qui possède la totalité du bon droit. (texte) Et quand on a mis le bon droit de son côté, on est prêt à mener une « juste guerre », on a de quoi justifier une « juste vengeance ». Si on en venait à croire que le monde est dans sa totalité mauvais, on aurait encore de quoi penser qu'on lui est supérieur ! Moralement supérieur à la réalité ! Et au fond, c’est peut être tout ce qui nous retient de pardonner à celui que l’on a incarcéré dans l’idée du mal et de pardonner à la vie, en acceptant que la vie soit ce qu’elle est et telle qu’elle est.

B. L’acte de pardonner

    Il est difficile de demander pardon car cela implique avouer et reconnaître une faute. On dit « faute avouée est à demi pardonnée »,  mais ce qui coûte c’est bien l’acte de volonté consistant à assumer la faute, en demandant d’être déchargé de son poids. C’est aussi difficile que de pardonner, qui veut dire renoncer au reproche, à la charge de l’accusation, à la vengeance. C’est tellement difficile que nous avons dans le langage tendance à noyer le poisson. Jacques Derrida explique « qu’on entretient l’équivoque, notamment dans les débats politiques qui réactivent et déplacent aujourd’hui cette notion, à travers le monde on entretient l’équivoque. On confond souvent, parfois de façon calculée, le pardon avec des thèmes voisins : l’excuse, le regret, l’amnistie, la prescription, etc., autant de significations dont certaines relèvent du droit, d’un droit pénal auquel le pardon devrait rester en principe hétérogène et irréductible ». Cette confusion n’est pas entretenue pour rien. Elle est une indication, soit du côté de celui qui demande pardon de la faiblesse du repentir, ou, du point de vue de celui qui pardonne, une manière de réduire la valeur du pardon. (texte)

     1) Demander des excuses  est une formulation plus faible qui serait valide pour une erreur, mais reste insuffisante s’agissant d’une faute grave. Témoin les excuses du gouvernement japonais aux Coréens. L’Église ne peut pas se contenter de demander à être « excusée » pour avoir protégé des criminels nazis lors de la dernière guerre ou pour abriter au sein de sa congrégation des prêtres pédophiles. Les victimes attendent davantage, un vrai repentir public de la part du Pape. Exprimer des regrets  de la même manière est aussi une formule assez faible là où la faute serait nettement établie et où les souffrances causées sont réelles. Ne parlons pas du terme vague d’éviter l’oubli, car il est vidé de la dimension proprement morale.

    Il faut un vrai courage moral pour assumer une faute collective et demander pardon devant Dieu et devant les hommes. Le Pape a demandé pardon pour l'antisémitisme, dont l’Église a été complice. Au nom de l’Église éternelle, il a demandé pardon pour les fautes de l’Église historique, pour l’Inquisition. Il fallait honorer la mémoire des hommes et penser au massacre des Cathares et aux quelques 6 millions de sorcières brûlées (texte) et quelques trois millions de sorciers ayant subi le même sort. Demander pardon n’est pas une auto-accusation qui ne serait là que pour rabaisser et fustiger, mais un acte de responsabilité qui élève celui qui fait la demande. Ce pardon demandé honore l’autorité religieuse et rend justice à l’Enseignement christique qu’elle devrait porter.

    Il faut assumer totalement les faits, les actes, et ne pas chercher à en dissimuler l’existence ou en diminuer la portée, car nous ne pouvons pardonner qu’en vérité. « Si je ne pardonne que ce qui est pardonnable, le véniel… je ne fais rien qui mérite le nom de pardon. Ce qui est pardonnable est d’avance pardonné. D’où l’aporie : on n’a jamais à pardonner que l’impardonnable. C’est ce qu’on appelle faire l’impossible. Et d’ailleurs, quand je ne fais que ce qui m’est possible, je ne fais rien, je ne décide de rien, je laisse se développer un programme de possibles. Quand n’arrive que ce qui est possible, il n’arrive rien, au sens fort de ce mot…Le seul pardon possible est donc bien le pardon impossible». (cf. Derrida texte) Si nous ne devions compter que sur le possible, nous laisserions opérer le conditionnement qui perpétue, la rancune, le ressentiment et la haine. Le pardon c’est l’entrée en scène de ce que l’on croyait impossible au regard des longues tortures de l’Histoire, une rupture dans la chaîne causale de la violence par un acte qui pour la première fois ne met pas de l’huile sur le feu alors qu’il serait possible de riposter. C'est un acte de la non-violence. Dans les termes de Gandhi :

    ---------------« La non-violence est infiniment supérieure à la violence… la clémence est autrement plus noble que le châtiment. Le pardon est la parure du guerrier. Mais l'absence de violence ne signifie clémence que s'il y a possibilité de punir. Elle se trouve au contraire dénuée de toute signification dès lors qu'on n'a aucun moyen pour riposter. L'idée ne nous viendrait pas que la souris est clémente parce qu'elle se laisse dévorer par le chat". (texte)

    2) Voyons maintenant s’il existe des alternatives possibles à l’acte de pardonner et ce qui le distingue d’attitudes qui semblent proches. Le premier cas historique remarquable, c’est la clémence liée à la victoire. Edgar Morin donne l’exemple de l’aman qui consiste dans le monde musulman à accorder la vie sauve au vaincu, ce qui en fait « un acte de magnanimité qui est en même temps un acte d’intégration et de réintégration ». Autre exemple célèbre : « En 403 avant notre ère, la dictature des treize est abolie ; les démocrates rentrés victorieux dans Athènes rompent avec la pratique en vigueur dans les cités grecques : ils renoncent à la vengeance », la non-vengeance est donc clémence politique. Il s’agit d’arrêter le mal en s’abstenant de châtier, ce qui constitue effectivement un acte politique puissant. Mais qui n’est pas le pardon, car ce n’est qu’une abstention, c’est éviter de rendre le mal pour le mal, non pas exactement rendre le bien pour le mal. Et puis, chacun le voit, la position du victorieux est facile. Il peut se permettre des largesses, tandis que le pardon nous met dans une position bien plus difficile. Si la victoire est totale, il n'y a même pas à punir et la clémence est un gage du pouvoir absolu. Si le puissance fait preuve de magnanimité, c’est en réalité par une amplification de l’orgueil qui lui permet d’exprimer une certaine bienveillance envers le faible. Le vaincu.

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    Différent du pardon et de la clémence, l’indulgence consiste à admettre que les fautes ne sont finalement pas si graves qu’on l’avait cru tout d’abord. La différence avec le pardon est claire. Quand on demande l’indulgence du jury, tout ce que l’on veut, c’est indiquer que le coupable n’est pas si mauvais qu’il n’y parait, donc que la charge de la faute ne doit pas être entièrement transférée des actes vers la personne. Inversement, le manque d’indulgence est une manière de juger en prenant au pied de la lettre la faute, dans la légalité stricte, sans égard à la personne. Il s’agit donc de souligner, en faisant preuve de plus d’équité que, malgré la faute, le coupable à un bon fond.

    La générosité est la noblesse du don à l’égard d’autrui, le fait de vouloir le bien de l’autre et non pas le sien propre. Être généreux, c’est donc d’une certaine manière être libéré du « moi », mais avec une élévation de l’estime de soi. Ce que dit Descartes. (texte) La générosité n’est pas pour autant la libéralité qui officie elle plutôt dans la plénitude, car elle prend en considération la souffrance de l‘autre, sans pour autant être la compassion qui consiste à prendre avec soi la souffrance de l’autre. Cependant, pour autant que la noblesse y a part, on peut être généreux et refuser de pardonner si le coupable ne semble pas affecté par le mal qu’il a fait. Il existe des pardons qui avilissent et qui deviennent contraire à la générosité.  Cependant, il est indéniable que le pardon peut relever de la générosité. Il serait meilleur de dire que le pardon vient de la bonté.

    Enfin, plus proche du pardon, mais fortement imprégnée d’une représentation religieuse sémitique, la miséricorde. Comme le mot l’indique, il s’agit de reconnaître la « misère » de l’homme, au sens de sa faiblesse et de la propension au mal qui le rend par définition faillible. Il y a du jugement dans la miséricorde. C’est une pitié pour la finitude humaine, différente, comme nous l’avons vu, de la compassion. La pitié renvoie à l’infinie supériorité du Créateur par rapport à la finitude de sa création, finitude inséparable du péché originel qui voue l’être humain à la tentation du mal. La culpabilité est alors non pas de circonstance, mais pensée comme constitutive de la condition humaine. Dieu est appelé « le miséricordieux » car il est prêt à absoudre le péché qui a son origine dans la faiblesse de l’être humain, à condition que celui-ci fasse la preuve de repentir. Cependant, l’absolution n’est pas le pardon de Dieu, car le pardon est gratuit, l’absolution signifie seulement l’effacement des péchés et le retour du pécheur à la virginité de l’âme devant Dieu.

    

 

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Questions:

1. Pourquoi est-il donc si difficile de pardonner?

2. Pardonner, n'est-ce pas aussi d'une certaine façon faire son deuil de quelque chose?

3. Pardonner "seulement à condition que", n'est-ce pas la meilleure manière d'éviter de pardonner?

4. En définitive, ne faudrait-il pas mieux dire que le pardon n'est pas un acte de volonté, mais d'abandon de la volonté avec tout ce que cela suppose ?

5. Quel rapport y a-t-il entre le pardon et l'amour-propre?

6. Si nous acceptions intégralement la vie telle qu'elle est, y aurait-il quoi que ce soit à pardonner?

7. Qu'est-ce qui est le plus difficile: se pardonner à soi-même ou pardonner à un autre?

 

Vos commentaires

     © Philosophie et spiritualité, 2009, Serge Carfantan,
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