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Le moi et l'inconscient - Serge Carfantan
 
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Leçon 212.   Le moi et l’inconscient      

    Parvenu en ce point, nous ne pouvons plus adhérer à toute une série d’opinions convenues, autant dans le sens commun que chez les intellectuels. Nous avons vu que ce que nous appelons le « moi » n’est qu’un terme laudatif pour qualifier « l’ego ». Le moi n’est pas le maître de la maison. de l'âme. Il n’en est que le représentant, investi certes du rôle du tenancier de l’hôtel, mais il n’est pas seul en la demeure, même si tout son jeu voudrait nous faire croire qu’il est l’unique sujet. Le moi est le sujet représenté par le mental conscient et rien d’autre et au sens le plus trivial du terme, non pas dans un sens éminemment spéculatif réservé à quelques philosophes avertis. 

    La découverte chez Freud des niveaux subconscients et inconscients a conduit à une fragmentation du psychisme suggérant plusieurs « sujets ». Freud invente en plus du moi un « Surmoi » et un « Ça » et on a par la suite pris au pied de la lettre ces allégations en imaginant un combat mythique dans l’arène intérieure entre des gladiateurs imaginaires. En réalité, le surmoi, c’est encore l’ego, mais de l’ego idéalisé. Quand au Ça, il n’est que le vital instinctif sous quelques uns de ses aspects. Et le plan vital en comporte d’autres.

    Enfin, nous avons vu que le sens du moi est impermanent, qu’il n’est pas toujours présent et, contrairement à ce qui est d’ordinaire admis, il tire plutôt le sujet vers l’inconscience. Quand nous sommes véritablement présent à ce qui est, cette présence est je suis, mais ce Je n’est pas l’ego et sitôt que celui-ci apparaît, nous sommes plutôt ailleurs que véritablement présent. Nous voyons donc dans quel sac d’ambiguïtés on jette l’intelligence quand on parle en l’air du « moi » en y voyant quelque chose de réel (mon précieux !) alors que ce n’est à tout prendre qu’une fiction et quel péril il y aurait à dénigrer le sentiment de l’être, quand il est dénué de particularités.  L’occasion nous est donc donné de revenir sur la relation entre le moi et l’inconscient. Quelles relations le moi entretient-il avec l’inconscient ?

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A. L’ego et les réactions

    Une interprétation populaire de la « résistance » du patient dans la psychanalyse freudienne y voit le plus souvent la preuve que les traumatismes dont il souffre sont liés à une répression (texte) de la sexualité. L’argument est simpliste. D’abord parce qu’il est tout naturel  que le sujet « résiste » au dévoilement de son jardin secret. Après tout, l’intimité ne se confie qu’à un ami. Ensuite, la résistance est surtout liée au refus dans lequel se nouent les blessures douloureuses du passé et dans cette affaire la sexualité n’est qu’un élément parmi d’autres. Enfin, la méthode freudienne a une fâcheuse tendance à interdire le droit à une parole critique du patient, condamné par avance par le soupçon de cacher dans ses réactions des choses terribles. Toujours les mêmes d’ailleurs. Du sexe œdipien.  Cependant, si nous mettons de côté le regard inquisiteur de la psychanalyse et ses complications inutiles, il est exact, et nous l’avons montré, que l’émotionnel réactif a un rapport avec l’inconscient, de même qu’il a un rapport étroit avec l’ego quand il se met alors sur la défensive.

     1) L’ego entre en scène qu’à travers nos ré-actions. Concrètement, cela veut dire deux choses :

    a) Il est possible qu’une situation d’expérience actuelle C réactive un schéma conditionnel B vécu autrefois. Un objet, une musique, un lieu, une personne, qui ont une profonde analogie avec une situation d’expérience vécue dans notre passé (texte) dans un état de conflit, vont provoquer la répétition du modèle. La petite fille qui a vécu l’éloignement de sa  mère comme un abandon, une fois femme, se sent déstabilisée dès l’instant où elle est confrontée a une séparation. L’employé qui a vécu comme une humiliation son déplacement à un poste subalterne est électrisé quand on lui annonce des restructurations dans son entreprise. On dit qu’alors le corps émotionnel (cf. Eckhart Tolle pain body), (texte) sort de son état dormant et qu’il s’active fortement, faisant jaillir des réactions mêlées de bouffées émotionnelles. D’où le n’importe quoi de la conduite, la répétition des mêmes angoisses, des mêmes attitudes paniquées etc. au beau milieu de la crise émotionnelle. Nous avons vu que le corps émotionnel est l’ombre portée de l’ego, (texte) ou sa composante obscure, lourde et inconsciente. C’est la charge de l’inconscient personnel qui constitue la base immergée de l’iceberg de l’ego.

    Nous dirons alors qu’à travers la réaction, l’inconscient a pris la barre sur le conscient et il est exact qu’en pareil cas, la personne est le jouet de ses propres tendances. Un pantin donc l’inconscient tire les ficelles. (texte) D’un autre côté, il est indéniable que le sens de identité personnelle, du « moi », est inséparablement lié au passé, si le passé se réactive, c’est l’ego qui en sort renforcé, est rechargé comme une batterie sur le courant du secteur.

   b) Il nous arrive fréquemment dans la relation à autrui de subir des remarques et des piques désagréables. (texte) Tel cadre d’entreprise, qui a une haute idée de lui-même en guise de croyance inconsciente, s’entend un jour dire qu’il est incompétent. Furieux il entre dans une colère noire. Il ré-agit par la colère et remet en place prestement celui qui a eu l’idée stupide de le provoquer. Il lui faudra un temps prolongé pour que le corps émotionnel, le pain body,  se décharge et retourne à son état latent. Dans l’intervalle, ce sera l’enfer. Les tourments et le tournoiement du mental autour de l’émotionnel. (texte) La pensée nourrissant émotionnel, l’émotionnel relançant la pensée dans un cercle vicieux. Or ce qui est affecté, c’est bien sûr l’image du moi. S’il n’y avait pas d’image, la remarque n’aurait fait que passer sans accrocher à quoi que ce soit. L’expérience ne serait qu’un trait dans l’eau redevenue aussitôt calme qu’elle était deux minutes auparavant. S’il n’y a pas d’image, rien ne déclenche une réaction et la pique verbale peut juste provoquer un sursaut physique. Et quand la réaction est seulement corporelle, elle ne dure pas, parce que l’image n’est pas là pour relancer le circuit émotionnel. Avec l’image du moi, il y a la blessure d’amour-propre, d’où le sentiment terrible de diminution de l’ego, l’impression de chuter du piédestal où l’on est installé, qui donnait auparavant cet air hautain facilement reconnaissable du patron. L’ego nourrit l’image qu’il possède de lui-même et il s’attend à ce que les autres le confirme dans ses vues. Or le défi de la vie en relation c’est de mettre constamment l’ego devant un miroir. Le lien avec l’inconscient est évident, car dès l’instant où nous nous prenons la tête avec nos problèmes d’ego, nous sollicitons artificiellement les tendances inconscientes. Cela veut dire que non seulement nous nous comportons comme un imbécile, mais qu’en plus nous ne nous en rendons pas compte ! Plus l’identification avec l’ego est prononcée et plus nous sommes inconscients. C’est imparable. Inversement, moins nous sommes affectés par les problèmes d’ego, et plus il y a de disponibilité, de spontanéité, de stabilité intérieure et de naturel. Pas d’image. Pas de fiction personnelle à défendre. Parce qu’il n’y a pas d’identification à l’ego. L’identification avec l’ego implique que le sujet se met aussitôt sur la défensive. Pourquoi ? Pour défendre son ego et le préserver coûte que coûte. Il s’accroche à ses idées, ses opinions, (texte) ses croyances, ses certitudes, sa foi etc. et maintient contre vents et marrées sa position. Il ne peut rien lâcher car lâcher l’ego alors qu’on y est identifié, ce serait mourir. Plutôt que de se sentir diminué, mieux vaut le combatà mort ! Triompher, c’est renforcer à nouveau l’ego dans sa position. L’identi

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    2) Voilà qui nous met sur la piste pour comprendre pourquoi C. G. Jung  estime que « le moi n'est dans la psyché qu'un complexe parmi d'autres, auquel s'identifie spontanément la conscience». (texte) Il ajoute encore que la psyché abrite une pluralité de complexes que l'on se représente sous forme de nœuds ayant partie liée à un affect. Ce qui confirme les résultats que nous avons obtenus jusqu’ici. Considérer l’ego comme un complexe lié à un nœud psychique a des avantages indéniables.

    Dans un complexe, comme le complexe d’infériorité, ce qui hante le sujet, c’est le besoin de compenser (texte) une image de soi jugée déficiente. Avant Jung, Alfred Adler disait explicitement qu’il est dans la nature de l’ego d’être en souci de sa propre valeur. Le sujet en proie aux troubles souffre d’un problème lié à l’image du moi. Comme le moi et l’image du moi ne sont pas séparables, le complexe va nourrir la formation inconsciente de représentations qui auront la même teneur et le mental aura alors tendance à alimenter le jugement sur soi. De plus, selon Jung, la formation de l’ego a dans l’histoire personnelle du sujet une fonction adaptative. Il dit que c’est « autour du moi que se constellent les parties socialement acceptables de la psyché, auxquels l'individu accepte inconsciemment de s'identifier ». Mais il advient un moment où cette adaptation devient une prison et c’est justement là que la nature de complexe de l’ego s’affirme. Les émanations inconscientes qui remontent dans les pensées sont autant de représentations qui au final doivent être libérées afin que l’individu puisse évoluer normalement. (texte) Ce que Jung appelle travail analytique n’est pas véritablement une analyse au sens classique, il s’agit surtout de défaire les résistances psychiques du patient afin que les représentations inconscientes se dénouent.

    La notion de complexe, comme le complexe d’infériorité, (texte) de persécution, de culpabilité etc. est devenue très populaire, mais elle est souvent employée de manière imprécise, sans relation claire avec l’ego. Ce que Jung a observé, c’est que les complexes finissent par se structurer de manière autonome comme des « personnalités » abritées au sein de la psyché. Nous savons aussi qu’ils ne se manifestent que dans des circonstances où l’affect dominant est sollicité. Ce qui donne lieu à ce que Freud appelle la compulsion. Là encore le rapprochement avec les ornières habituelles du comportement de l’ego saute aux yeux. Un ego bien rigide, un ego renforcé, c’est exactement cela, une « personnalité » dont la dynamique est alimentée par un complexe formé dans un passé lointain, le plus souvent autour d’expériences difficiles et mal vécues. Une construction mentale qui aurait peu a peu acquis son autonomie dans l’inconscient pour mener sa vie propre en donnant corps à une identité : un « moi ». Pour un peu, nous serions tentés de faire un rapprochement avec ce que Montaigne affirmait : ma vie intérieure est une galerie de personnages. Chacun d’entre eux a été un complexe noué à des réactions à un moment de la vie et il est devenu le personnage dominant : un « moi ». Mais ce moi n’ayant pas de substance, roulé qu’il est par le temps, est obligé de passer d’une forme à une autre. Aucune forme ne se maintient indéfiniment. Toute forme, y compris mentale, apparaît, se maintient et se défait. Le moi est donc transformiste et il est effectivement différent dans chacun des personnages qu’il incarne. Cependant, Jung insiste aussi pour dire que les personnalités fondés sur des complexes sont parasitaires. Elles n’expriment pas, mais déforment ce que je suis jusqu’à la caricature. Entre la personne enfermée dans son petit ego, sous l’emprise parasite du corps émotionnel, et la personne délivrée du poids de l’ego, il y aura donc une grande différence.

    Second point. Quand l’identification à l’ego joue à fond, donc en liaison avec la provocation de l’expérience et sous la forme de réactions, l’expression invariable de la conduite est de forme compulsive. On dirait même encore mieux en employant le terme obsessionnel. (texte) En tout ego, il y a un obsessionnel en puissance et il est donc tout à fait logique que l’enflure extrême de l’ego, l’egomania, soit dans le délire de grandeur de volonté de puissance et sa planification rationnelle. Très obsessionnelle. Repérer en nous les fixations obsessionnelles est donc un des moyens les plus sûrs de mettre en lumière l’ego dans ses traits dominants. Et ce qui est justement caractéristique de l’inconscience ordinaire, c’est que nous ne les voyons pas. Ou encore, nous entretenons la mauvaise foi pour maintenir coûte que coûte la position de l’ego. Ce qui s’appelle de l’aveuglement.

B. Le terreau de l’inconscient collectif et les racines du moi

    Autre illusion attenante à l’identification avec l’ego : celle consistant à croire dans son existence séparée, la croyance dans le caractère forcément « spécial » du moi, en opposition avec « les autres » et avec la conscience collective en général. Mais si le moi est tel un iceberg sur l’océan de la psyché, il est fait de la même eau que le reste de l’océan et une conséquence doit en être tirée : l’inconscient soi-disant « personnel» est une bien petite chose et a beaucoup moins d’importance que nous pourrions le croire. Il n’est qu’une zone de l’inconscient collectif que nous croyons isolée, mais qui ne l’a jamais été. (texte)

   1) Chaque être humain est un représentant de toute l’humanité. Les nœuds conflictuels de l’ego, à y regarder de près, ne sont pas vraiment des problèmes « personnels », ils sont tout simplement humains. L’ego dira bien sûr : « Oh !... Je croyais que j’étais le seul à avoir ces problèmes et que les autres étaient différents». Et bien non ! Psychologiquement, (texte) sur le plan de l’ego, où qu’on aille, les êtres humains sont affectés des blessures d’amour-propre, d’inquiétude quant à l’image qu’ils renvoient aux autres, d’avidité, de jalousie, d’envie, d’attachements, ils se battent pour l’honneur, méprisent ceux qu’ils estiment inférieurs, se plaisent à dominer la Terre, s’inventent des idoles, protègent leurs croyances et espèrent une continuation de leur moi personnel dans une après-vie. Il n’y a jamais eu quoi que ce soit d’original dans le fonctionnement de l’ego, qui est au contraire mécanique et conditionné. C’est un legs évolutif du mental humain.

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’est agaçant pour l’ego qui s’estime très « spécial », qui revendique sa « différence », qui se croit propriétaire et maître de ses pensées, mais le mental est collectif avant que d’être individuel et chaque fois qu’un être humain pense, soit il puise dans le connu de ce qui a été déjà pensé avant lui, soit il emprunte le plus clair de ses intuitions au mental universel. Qui ne sont pas si « originales » que cela, même dans les plus brillantes percées, comme en témoigne les découvertes simultanées au cours de l’Histoire. Nous pourrions d’ailleurs nous demander si nos réticences à reconnaître la dimension de l’inconscient collectif ne tient pas tout simplement au fait que nous chérissons par-dessus tout notre moi personnel, il est donc normal de mettre davantage l’accent sur l’inconscient personnel et d’ignorer ce qui pourrait se situer au-delà. Même si ce n’est pas du tout conforme à la vérité, (texte) mais conforme à l’image que l’ego se fait de lui-même.

    Bien sûr, chaque ego porte avec lui son histoire personnelle dont il fait toujours grand cas (…attendez, donnez moi un peu de temps et je vais vous raconter … !) et dont il est de fait inséparable. Si la structure de l’ego est partout identique, de fait, chaque histoire est toujours différente et chaque individu est différent. Différent et unique. Mais il s’en faut de beaucoup pour que l’ego ait une conscience claire du caractère unique et précieux de chaque individualité ou même de chaque chose dans l’univers. La vision qu’il en a est si « personnelle », si partielle et si déformée, qu’il vaut mieux partir du principe que l’ego par lui-même n’a aucun sens de ce que représente l’individuation de la conscience. Ce qu’il exprime c’est seulement son individualisme égocentrique séparatif, ce qui est très différent. (texte) Il ne se connaît pas lui-même et même s’il avait quelques notions concernant son idiosyncrasie il ne ferait qu’aller chercher « mes défauts et mes qualités », sans toucher réellement ce qu’il y a d’extraordinaire dans le jaillissement singulier de la Conscience en chacun de nous. Plus l’ego est imbu de lui-même, plus nous sommes séparés de nous-mêmes, moins nous résidons dans le sens intime de l’âme. Dans la Présence. Plus nous sommes dans la rivalité et la comparaison avec les autres. C’est pourquoi il est important de ne pas confondre le Soi et l’ego. Vous n’êtes pas ce que vous croyez être dans toutes ses histoires que l’ego se raconte dans le monologue interne de la pensée. Ces petites histoires personnelles peuvent sembler intéressantes, mais dans le verbiage personnel, elles ne sont que des fictions sans rapport avec l’être réel. Pour citer C. G. Jung dans La Dialectique du Moi et de l'Inconscient : "Le Soi est la donnée existant a priori dont naît le moi. Il préforme en quelque sorte le moi. Ce n'est pas moi qui me crée moi-même : j'adviens plutôt à moi-même"; mais Jung prend soin d'ajoute que le Soi reste indéfinissable. L’advenir à Soi est la véritable éclosion de la conscience et sa percée authentique, loin de confirmer l’ego et son image, elle fait bien plutôt éclater l’un comme l’autre.

    Il y a des gens qui croient qu’une énorme inflation de l’ego est une marque de conscience élevée. « C’est en prouvant à tous ma supériorité que je m’affirmerai ! Les faibles qui s’inclinent sont des inconscients, les forts montrent leur force sont plus conscient ! » Jolie naïveté, car c’est tout l’inverse. Plus une personne est infatuée d’elle-même et plus… elle devient inconsciente. Si ce genre de croyance (inconsciente) était fondée, le fou qui se prend pour la réincarnation de Napoléon serait consciemment très éveillé.

    Jung appelle cela l’inflation psychique. (texte) On dit de l’égoïste qu’il est « plein de lui-même ». Il faut observer cela de très près pour bien voir de quoi il retourne, car ce soi-disant plein est en réalité complètement creux. « Un cas très courant est constitué par l’identification dépourvue de toute note d’humour de nombreux hommes avec leur profession et leur titre ». C’est ce qui leur donne cette manière de relever le menton pour regarder les autres de haut, avec au coin des lèvres un soupçon de mépris. Or cette fonction qui enfle d’importance l’ego, elle est éminemment collective (texte) avant d’être individuelle. Elle est « l’expression collective de facteurs nombreux, expression  qui est née historiquement de la collaboration d’un grand nombre et d’une concordance de circonstances. Sa dignité est le fruit d’une approbation collective. Dès lors, en m’identifiant à mon emploi ou à mon titre, je me comporte comme si j’étais moi-même toute cette fonction sociale complexe ». Ce qui est ridicule, et que celui qui se met en pareille posture ne s’en rende pas compte est précisément une marque d’inconscience. « Je me suis attribué une extension et j’ai usurpé des qualités qui en aucune façon ne sont en moi, mais qui existent en dehors de moi et devraient y rester. ‘L’État c’est moi !’ : Telle pourrait être la devise des sujets qui succombent à ce travers ».  Preuve manifeste qu’ils manquent de lucidité à l’égard de l’ego lui-même dont ils sont gonflés. Mais, comme le note Prajnanpad, le mental au service de l’ego est très rusé, (texte) et il ira se réfugier n’importe où pour se faire valoir. Ainsi, explique Jung, « la connaissance elle aussi peut déterminer une inflation psychique ; il s’agit alors, sur la base d’un principe qui est le même au fond, de circonstances psychologiques encore plus subtiles ». On peut même prendre une pose « religieuse » et être infatuée de sa position. Ou une pose de « moraliste » en se donnant le beau rôle de condamner à qui mieux mieux sans chercher à comprendre etc. Chaque fois qu’il y a une pose, et nous avons vu que par nature l’ego est très poseur, il y a indentification à un personnage qui n’a de sens que dans sa place reconnaissable au niveau collectif. C’est tellement du collectif que cela donne des caractères, des types achevés pour les humoristes de tous poils. Ce qui est particulièrement drôle, c’est qu’un sujet s’affirme alors dans une caricature sans qu’il s’en rende compte. C’est au mom

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 égotique comporte au niveau individuel une bonne dose d’inconscience, il en est de même au niveau collectif et à un stade souvent encore plus prononcé ; de sorte que de prime abord, nous rencontrons dans le monde davantage d’inconscience collective, lourde, stupide, incohérente et déstructurée qu’une conscience collective éclairée, cohérente, et ordonnée. Le monde est ce que nous sommes. Tant que les schémas dysfonctionnels de l’ego seront prédominants, il en résultera au niveau collectif des conduites du même acabit : de la bêtise, des comportements chaotiques, bornées, aveugles et parfois obscènes. Si vous croyez pouvoir sortir de l’inflation personnelle de l’ego en plongeant les hommes dans l’existence impersonnelle de la foule, vous vous trompez lourdement.

    Freud avait lu La Psychologie des Foules de Gustave Le Bon et il y avait trouvé de quoi nourrir l’idée que les pulsions pouvaient aussi prendre un caractère collectif. Le Bon disait très clairement que l’individu plongé dans la foule peut descendre de plusieurs degrés d’humanité dans un comportement grégaire et primitif, (texte) comportement qu’il n’aurait pas s’il conservait un jugement lucide, sain et autonome. Non pas qu’alors il faille se retirer dans son « moi », non pas que la conscience de l’ego soit moins dysfonctionnelle, elle a les mêmes travers ; mais en conservant  la neutralité du regard témoin, de observateur lucide, une plus grande intelligence s’éveille et elle est à même de voir l’insanité autant dans les conduites collectives qu’individuelles.

    Une personnalité faible et immature se laisse facilement téléguider par les suggestions ambiantes. Ce que on pense, ce que on dit, ce que on pense  suffit alors comme motif pour penser, parler et agir, pour une conscience encore somnambule qui ne s’est pas éveillée à Soi. Voyez le beau texte de René Daumal à ce sujet. (texte) C’est ce qui s’appelle vivre de manière irréfléchie et inconsciente et non vivre de manière délibérée et consciente. Le moi dans la confusion reste encore un ego mais le contenu de cet ego c’est « les autres ». Comme le dit Heidegger, de la sorte « les autres » lui ont dérobé son être propre. C’est le chemin initiatique de l’humain, la conscience de soi n’advient à Soi qu’après une déréliction dans « les autres ». Tout le temps qu’elle est sous la coupe « des autres », l’âme banale demeure dans le statut d’un ego, mais d’un ego identifié à l’ego collectif - dont elle suit les jugements, les attitudes, les pulsions et les compulsions, les emportements irrationnels et le moutonnement ordinaire. Il faut ici se souvenir ce que nous avons vu à plusieurs reprise : l’inconscience au niveau collectif ne va pas sans une certaine inertie.

    Pour reprendre des critiques formulées plus haut dans le cours, le minimalisme en matière d’identité dans notre société actuelle, ce serait être un « consommateur ». Celui qui ne penserait que dans la pub, parlerait en écho de ce qu’il a entendu dans des clips et n’agirait qu’en imitation des stéréotypes ambiants. L’âme banale endormie dans un parfait conformisme. C’est en ce sens que les publicistes diront que la consommation permet de « s‘intégrer dans la société » (Sic) ! En effet, elle fabrique des ego modulables, dépersonnalisés, elle duplique les clones dont elle a besoin pour écouler la production de masse de l’industrie. Et cela marche, cela permet à des millions d’hommes de vivre une vie de surface, une vie d’emprunt, qui n’est pas vraiment la leur, mais dont les attentes, les craintes, les motifs et les buts sont tout trouvés. L’ego a un os à ronger et il est très occupé, il a des milliards de petits soucis ! Il en a des choses à se raconter dans son monologue interne ! Même si cette vie n’a pas de substance, même si elle ne se vit qu’à peine et qu’elle traîne ainsi avec elle un malaise profond. Le malaise de sentir confusément au fond de soi que je ne vis pas vraiment, mais que je passe ma vie à faire semblant. Bref, l’ego doit fuir sans cesse le vide de son existence et lutter pour éviter de rencontrer l’absurdité de sa condition. On y parvient avec beaucoup, beaucoup de divertissements. En attendant, il pourra croiser dans le miroir un regard éteint et parfois le retrouver dans quelques photos ratées où il n’avait pas eu le temps de faire semblant, de poser dans un gaieté fictive.

C. L'inconscient, le moi et la créativité

Il y a un aspect du problème signalé plus haut sur lequel il nous faut revenir. S’il est un territoire sur lequel nous souhaitons exercer une maîtrise, c’est bien celui de la pensée. A quoi Freud répond qu’il est bien des échappatoires au contrôle, tels les lapsus et les actes manqués, qui montrent que l’inconscient peut s’immiscer dans la pensée consciente et la contrôler à son insu. Un peu comme des émanations de pensées de niveaux inférieurs, ou comme des bulles qui remonteraient du fond du lac depuis et viendraient éclater en surface, jetant le trouble au niveau conscient. C’est le domaine « réactif » inconscient. Travailler sur soi, c’est un peu comme faire le ménage, aérer les niveaux inférieurs du psychisme, faire entrer la lumière et laisser sortir les miasmes du passé. C’est aussi laisser se dénouer à l’étage inférieur hridayagranthi, les nœuds du cœur. Cependant, on aurait tort de croire que tout ce qui vient de l’inconscient et surgit dans l’esprit conscient est seulement du passé réactif. Les processus inconscients sont très complexes.

 1) Jung fait une mise au point tout à fait limpide : « Si l’inconscient n’était que réactif et réactionnel, il serait licite de n’y voir qu’un monde de reflets psychologiques. Si tel était le cas, la source essentielle de tous les contenus et de toutes les activités serait dans le conscient et l’on se trouverait dans l’inconscient de façon systématique – et dans les cas les plus favorables – que des images réfractées et distordues de contenus conscients. Les processus créateurs auraient leur siège dans le conscient et toute innovation, toute inspiration, toute créativité ne seraient que les trouvailles d’un conscient fureteur.

Or les faits et l’expérience s’inscrivent en faux là-contre. Tout être créateur sait, pour l’avoir vécu d’innombrables fois, que la spontanéité involontaire est la marque essentielles de la pensée créatrice". (texte) Et ce n’est pas du tout mystérieux. Vouloir écrire, composer, créer avec les seuls ressources du conscient, serait rationaliser à outrance et se priver de la libre inspiration de l’imagination. Les meilleures trouvailles sont toujours celles que l’on n’attendait pas et qui ont jaillit en dehors du contrôle conscient. Une tension volontaire continuelle épuise l’esprit et fait que qu’il tourne en rond. Quand nous butons consciemment sur une difficulté et que nous ne trouvons pas d’issue, c’est du lâcher-prise complet de l’ego que vient la plupart du temps une solution. C’est une expérience qui a souvent été rapportée par les scientifiques. Les cogitations conscientes de la veille abandonnées à l’inconscient pendant la nuit travaillent et délivrent les éléments de solutions du problème au réveil. Laisser reposer une question pendant la nuit, c’est activer l’inconscient. C’est au moment où, dans une détente mentale, l’ego est relâché, que l’esprit reçoit le plus d’inspiration créative. Or, étant donné, comme nous l’avons montré, que l’ego est par essence une contraction, il s’ensuit bien évidemment que la crispation de l’ego nous prive de beaucoup de ressources de l’intelligence, comme elle inhibe fortement l’imagination. Nous avons aussi vu dans une précédente leçon que l’intelligence qui œuvre dans le concept n’est qu’un aspect limité de l’intelligence. Elle est en fait épaulée par l’intelligence affective et perceptive, et l’on est même parfaitement en droit dans tout ce qui est intuitif de parler d’intelligence non-verbale. Nous avons vu, avec plusieurs exemples célèbres, que l’intelligence la plus créative se passe fort bien de verbalisation. Or si tel est le cas, il serait ridicule de dénigrer l’inconscient en prétendant qu’il est privé d’intelligence. De toute évidence, l’intelligence n’est pas le privilège de la pensée consciente. Il y a une intelligence à la source de toute pensée, qu’elle soit on non complètement verbalisée.  A fortiori, l’intelligence n’appartient pas en propre à l’entité nommée « ego ». Mieux, quitte à faire tomber l’idole de son piédestal, une conduite fortement égocentrée est la plupart du temps assez bornée et stupide. Si, dans les discussions, chacun pouvait raccrocher son ego à l’entrée, il serait facile de s’entendre entre gens d’aimable compagnie.

    Personne ne s’aviserait aujourd’hui de soutenir que l’intelligence créatrice a son siège au un niveau du conscient… Sauf en nous l’ego, qui se croit très créatif, alors qu’il ne fait que s’approprier le bénéfice des talents qui s’expriment dans le canal d’une individuation particulière ! Et s’il est quelque chose d’insupportable, c’est bien l’ego démesuré des artistes. Le fait que la nature ait doué une personne d’une certain facilité, d’un talent, d’une sensibilité, d’une habileté particulière, ne la rend pas supérieure à qui que ce soit. Un artiste véritablement inspiré se laisse traverser par une énergie qui prend la forme d’une création vivante. Il y a quelque chose de malséant dans le fait d’y ajouter de l’ego ; un peu d’humilité serait de reconnaître que nous ne savons pas d’où vient l’abondance d’images et d’idées. (texte) Il faut remercier humblement la Nature des dons qu’elle nous offre. Dans le processus de la création, l’ego est un tard venu. Il n’a pas de contrôle à la source. La croyance populaire selon laquelle la création artistique serait avant tout l’expression du « moi de l’artiste » est une sottise qui relève de la complaisance naïve. Là où un artiste est le meilleur, c’est justement

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s les traditions spirituelles, l’intelligence créatrice est perçue comme un aspect de l’inconscient, mais en Occident, il est devenu très difficile de le reconnaître. La psychanalyse freudienne a tellement surchargé l’inconscient de contenus personnels que l’idée est devenu un concept fermé.

    2) Un des mérites de la psychologie de Jung est d’être restée ouverte à la complexité de l’inconscient, mais aussi d’avoir jeté les bases d’une psychologie spirituelle sans pour autant renier les découvertes de Freud. Il est exact que Jung a été mal accueilli en France et qu’il n’est pas un auteur aussi facile d’accès que Freud, mais il est indéniable qu’il apporte une richesse de vues qui contraste avec le dogmatisme freudien. Souvenons-nous de cette remarque de Jung au sujet des Tantras  que nous avions placée au début de nos investigations sur l’inconscient: on dénombre sur la verticale de la colonne vertébrale sept centres psychiques principaux. C’est celui du bas, muladara, qui est concerné par la sexualité. Il y en a six au-dessus, ce qui suggère qu’il y a d’autres plans de conscience et que le psychisme est bien plus complexe que Freud ne l’a pensé. Notre psychologie est encore dans l’enfance, aux prémisses de l’exploration de la Conscience.

    En tentant de défricher ce qu’il a appelé l’inconscient collectif, Jung a donné un nom générique à toute une série de phénomènes qui excédaient le champ de l’inconscient personnel. Certaines formes de rêves comportant un langage archaïque. Les archétypes symboliques dans les mythes  fondateurs des civilisations anciennes. Les sources d’inspirations de l’imaginaire dont se nourrit abondamment l’heroic fantasy, avec ses elfes, ses trolls, fées et ses sorcières, ses figures du loup-garou, ses démons et ses vampires : ce que les amateurs d’ésotérisme appellent le « bas astral ». Il faut avouer que l’on se perd un peu dans ce bestiaire symbolique et que certains textes de Jung sont assez obscurs. Néanmoins, les aperçus qu’il a proposés ont ceci de pertinent qu’ils tendent à démystifier l’idée populaire selon laquelle l’imaginaire serait une fantaisie « personnelle », une création ex nihilo du « moi », chez quelques individus surdoués appelés les « artistes ». Ce qui est encore une manière d’attribuer à l’ego plus de pouvoir et de créativité qu’il n’en n’a. Les visions les plus puissantes que l’on rencontre dans les mythes et dans l’art ne sont pas « personnelles » ; elles tirent leur force de matrices archétypales déposées dans l’inconscient collectif. Ceux dont la sensibilité est vive et dont l’imagination est puissante font réapparaître les formes déposée dans l’inconscient collectif. L’ego n’est pas pour grand-chose dans cette élaboration. L’écho universel que rencontre l’heroic fantasy  de part le monde, dans toute une série de productions littéraires depuis Tolkien, vient du fait qu’elle nous parle de nous-mêmes, dans les profondeurs obscures de l’inconscient, au-delà des structures personnelles. A ce niveau, l’idée  d’une existence séparée d’autrui, d’un territoire personnel inviolable, - idée qui est tellement familière à l’ego -, n’a plus guère de sens. On se trouve dans un domaine qui n’a plus de limites et sûrement pas les limites définies par l’ego. Étrangement pourtant, tout cela est en nous et possède même un dynamisme qui lui est propre. Ainsi, quand on parle de l’ego, on n’évoque jamais qu’une petite région du psychisme qui flotte entre conscient et inconscient. Pas la totalité de la psyché. Rappelons-nous ces vers du poète russe Tucnev : 

Ton âme contient tout un monde

De secrets et de visions

    Pour ceux qui sont entrés dans Les Contemplations de Victor Hugo, ou qui ont eu la chance de plonger dans la lecture de l’immense poème de S. Aurobindo Savitri, c’est par excellence la quintessence de la création poétique. Aurobindo voyait dans l’aptitude à s’emparer des intuitions les plus hardies, à faire jaillir des formes nouvelle un dépassement du mental ordinaire et l’accès à ce qu’il nommait le surmental. En tant que nous fonctionnons à travers l’identification avec l’ego nous ne dépassons gère le mental ordinaire et sa ronde habituelle. C’est en ce sens précis que la pensée travaille, c’est-à-dire en allant du connu au connu et n’est jamais à ce titre qu’un écho de la mémoire. Chaque fois que l’esprit fait une percée intuitive, qu’il est régénéré par une intelligence renouvelée, il sort du connu et des ornières dans lesquelles le maintient le fonctionnement égotique.

    3) Le seul fait de voir directement et sans faillir comment le moi opère, de voir la répétition de ses conditionnements, est déjà une traversée des limites de la pensée. Le voir lucide libère l’intelligence. Il semble malheureusement, nous n’avons même pas encore compris à quel point la connaissance de soi est essentielle et essentielle pour identifier le jeu de l’ego dans la vie quotidienne. Or tant que cette prise de conscience n’est pas opérée, ce qui se déroule au quotidien, c’est l’emprise inconsciente que l’ego exerce. C’est particulière évident dans le domaine des  relations, parce qu’inévitablement la présence d’autrui tend à provoquer la manifestation de l’ego. Voyez l’intégralité ce qui a été montré dans la leçon sur les croyances inconscientes. Un moi sévèrement renforcé, un moi qui s’affirme face à autrui, c’est un moi rendu rigide parce que pétrifié dans des croyances inconsciente. Les compromissions des psychologues qui tendent à « assouplir » l’ego sans aider à comprendre ce qu’il est maintiennent dans l’illusion. Quand le corps émotionnel entre en activité, quand il est chargé d’énergie, le sujet ne rencontre le monde que sur le mode du conflit et avec une dose d’aveuglement égotique qui frôle parfois la démence. Les bons conseils ne suffisent plus. L’ego a besoin du conflit pour s’affirmer en tant que « moi » face à « l’autre », de sorte que « moi » se sent davantage exister dans ses limites quand il s’oppose à un autre « moi ».

    Au fond, le concept de moi contient une étrange aporie : l’ego cherche par-dessus tout à se séparer du collectif humain et à s’affirmer dans sa particularité, or quand il le fait, c’est… pour exiger implicitement une reconnaissance collective. Son désir de reconnaissance le fait entrer de manière irrésistible dans le conformisme d’un modèle collectif. Il n’est rien de plus commun, de plus ordinaire et de plus banal que le fonctionnement égotique de l’individu et rien de plus éloigné de l’individuation réelle, de la réalisation de Soi. Et la drôlerie irrésistible, c’est que l’ego, imbu de lui-même, ne prend jamais en compte le fait que, s’il croit n’exister que pour lui-même, l’autre en face… fonctionne aussi de la même manière ! Donc ne s’intéresse qu’à lui-même. En bref, sur le mode « ego », nous nous prenons pour le nombril de l’univers et nous présupposons qu’autour de nous il n’y a que de gentils individus altruistes (libérés de leur ego) complètement à notre service ! ! Il y a vraiment de quoi se gondoler de rire. Ce qui montre à quel point le fonctionnement égotique marche dans l’inconscience. La connaissance de soi, consiste à comprendre ce fonctionnement de l’ego et d’abord à corriger sa manie exclusive justement en incluant le fait que l’autre en face, sur le mode « ego », fonctionne comme que moi. Mais la leçon que nous en tirons alors, c’est que, contrairement ce qui est admis dans l’opinion, de toute évidence, l’ego a davantage d’affinités avec l’inconscient qu’avec le conscient. Il a été utile dans l’évolution pour nous mener là où nous sommes, mais vient un moment l’élargissement du champ de conscience devient une nécessité impérative et il faut aller au-delà. L’ego en nous fait obstruction à toute expansion de conscience.

 

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Questions:

1. Qu'est-ce qui change dans notre compréhension du sujet à partir du moment où nous admettons que l'ego est très largement inconscient?

2. Le moi peut-il est distingué de l'histoire personnelle?

3. Y a-t-il un type d'expérience particulier dans lequel nous serions libérés du moi?

4. Renforcer l'ego, est-ce la finalité d'un accompagnement psychologique?

5. Comment distinguer individualité vivante et individualisme?

6. Renforcer l'ego augmente-t-il pour autant la créativité?

7. En quel sens peut-on dire que l'inconscient collectif n'est pas personnel?

 

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  © Philosophie et spiritualité, 2011, Serge Carfantan,
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