Leçon 198. Conscience, désir et intention        

    Nous avons vu que l’intentionnalité est le thème central de la phénoménologie de Husserl. En fait, Husserl reprend une découverte de son maître Brentano qui considérait l’intention comme la première caractéristique du psychisme. (texte) L’intentionnalité désigne le fait que toute conscience est conscience-de-quelque-chose, de sorte que toute expérience consciente, tout vécu, se situe dans une relation sujet-objet. Ainsi, percevoir, imaginer, croire, juger, se souvenir, c’est percevoir imaginer, croire, juger, se souvenir de quelque chose ; le sujet ne semblant dès lors exister que par rapport à l’objet dont il est conscient.

    Cependant, quand nous parlons de l’intention, nous n’avons pas du tout en vue cette dualité sujet/objet, ou l’idée d’une structure relationnelle sujet-objet. L’intention ne se trouve pas dans la conscience-de-quelque-chose, mais au fond de nous-mêmes, dans la conscience-de-soi, comme la première étincelle, le premier germe d’énergie et d’intelligence qui donnera par la suite le désir. Tout désir commence par une intention, ou autrement dit ; le pouvoir de l’intention oriente un courant de conscience susceptible d’être converti en désir. Il existe une puissance secrète et créative de l’intention. Dans une précédente leçon, nous faisions la critique du velléitaire, en disant que la puissance du désir se défait quand il est trop exposé. Nous disions qu’un vrai désir est comme une graine qui dort dans l’obscurité de la terre, jusqu’au moment où elle jaillit au dehors pour donner la pousse, la tige, puis enfin la plante et le fruit. Si on extrait tout le temps la graine de la terre, pour voir où elle en est… on l’empêche de germer ! Le pouvoir de l’intention est semblable à la graine dans la terre. Il y aurait donc tout lieu de distinguer entre intentionnalité, telle que la phénoménologie l’a décrite dans les formes du vécu, et cette étrange pulsation de la conscience qui, dans l’Invisible, est à la racine du désir : l’intention.

    Mais, dans ce cas, l’intention ne dit-elle pas plus de choses sur la conscience, que l’intentionnalité ? En quoi le désir est-il le résultat d’une intention ?  L’intention est-elle la conscience du désir lui-même ou le processus inconscient qui conduit au désir ?

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Vos commentaires

Questions :

1.       Parler d'intention consciente implique-t-il nécessairement que l'on parle aussitôt de bonnes et de mauvaise intentions?

2.       Peut-on réellement se cacher ses propres intentions?

3.       Concevoir l'intention comme immanente au cosmos, n'est-ce pas valider directement la théorie de la synchronicité des événements?

4.       Mis à part ses effets produits dans la nature qu'il est possible d'étudier, l'intention n'est-elle pas rebelle à toute explication scientifique?

5.       Peut-on être sûr de déceler les intentions d'autrui?

6.       Peut-on vraiment prouver qu'un acte a été accompli avec l'intention de son auteur et non de manière automatique ou mécanique?

7.       Le sens commun tend à prendre le mot intention uniquement comme un motif d'ordre moral soumis au jugement (ce n'était pas mon intention!) A-t-il raison? Qu'est-ce qu'il néglige?

 

     © Philosophie et spiritualité, 2010 Serge Carfantan,
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